Home Santédes tests de cancer aux tests cardiaques, tous les diagnostics et leur fonctionnement

des tests de cancer aux tests cardiaques, tous les diagnostics et leur fonctionnement

by Sophie Martin

Publié le 16 janvier 2026 à 14h43. Les pharmacies italiennes se transforment progressivement en centres de santé de proximité, offrant une gamme étendue de tests diagnostiques directement aux patients, sans nécessité de rendez-vous préalable en laboratoire.

  • Dès 2026, les pharmacies pourront réaliser des analyses de laboratoire de premier niveau, certifiées et effectuées par du personnel formé.
  • Environ 15 % des 500 millions d’analyses en laboratoire réalisées chaque année en Italie pourraient être transférées vers les pharmacies.
  • Cette évolution vise à améliorer l’accès aux soins de routine, à réduire les délais d’attente et à alléger la pression sur les hôpitaux et les médecins généralistes.

Une véritable révolution silencieuse est en cours dans le paysage de la santé italienne. Grâce à la mise en œuvre du décret d’application de la réforme des « nouveaux services pharmaceutiques », les pharmacies – plus de 19 000 à travers le pays – se positionnent comme des acteurs clés de la prévention et des soins de proximité. L’objectif est de rapprocher l’assistance médicale des citoyens, en leur offrant un accès facilité à des examens de diagnostic essentiels.

Jusqu’en 2025, les pharmacies se limitaient à proposer des tests d’autodiagnostic, tels que la mesure de la glycémie ou du cholestérol. Désormais, le nouveau cadre réglementaire permettra la réalisation de véritables analyses de laboratoire, avec des instruments certifiés et un personnel spécifiquement formé. Les patients pourront ainsi bénéficier de tests sanguins pour le suivi hormonal, de contrôles des fonctions rénales et hépatiques, de la mesure de marqueurs cardiaques, de tests inflammatoires, et même de dépistages rapides pour certains cancers, comme le cancer de la prostate (PSA) ou le cancer colorectal.

Cette transformation est rendue possible par l’introduction de « laboratoires décentralisés » et par une intégration numérique avec les autorités sanitaires locales et les plateformes régionales. Les résultats des analyses seront valables à des fins cliniques et seront directement accessibles dans le dossier médical partagé du patient. Les pharmaciens suivront une formation spécifique, reconnue par le ministère de la Santé, afin de garantir la qualité et la fiabilité des analyses, ainsi que la confidentialité des données.

Selon les estimations de Federfarma, environ 500 millions d’analyses en laboratoire sont effectuées chaque année en Italie. Le transfert potentiel de 15 % de ces analyses vers les pharmacies représente un gain de temps considérable pour les patients, qui attendent souvent plusieurs semaines pour obtenir un rendez-vous et autant pour recevoir les résultats.

« Avec la pharmacie de service, nous rapprochons l’assistance à quelques mètres du domicile des citoyens – a déclaré Marco Cossolo, président de Federfarma – et c’est une nouvelle frontière de prévention et de soins. Cela signifie éviter que de petites affections ne se transforment en maladies chroniques et alléger le fardeau des structures hospitalières. »

Marco Cossolo, président de Federfarma

Pour les patients atteints de maladies chroniques, comme le diabète, l’hypertension ou les troubles lipidiques, cette évolution sera particulièrement bénéfique. Ils pourront suivre leurs paramètres de santé de manière continue, avec des résultats immédiats et un dialogue plus étroit avec leur pharmacien, leur médecin traitant et les établissements de santé. Cette initiative s’inscrit dans la continuité du Plan National de Relance et de Résilience, qui vise à renforcer la médecine de proximité.

Les Régions joueront un rôle essentiel dans la mise en œuvre de ce nouveau dispositif. Elles seront chargées de définir la liste des tests autorisés et les modalités de remboursement ou de partage des coûts. Les pharmacies devront disposer d’espaces dédiés et d’équipements conformes aux normes de sécurité et de qualité en vigueur.

Si cette initiative est globalement saluée, certaines inquiétudes subsistent. Certains médecins craignent que la généralisation des tests en pharmacie ne crée des chevauchements avec la médecine générale et n’encourage des auto-diagnostics potentiellement erronés. Cependant, les associations de pharmaciens insistent sur leur volonté de collaborer avec les médecins, et non de les remplacer, afin d’améliorer l’efficacité des soins et de les centrer davantage sur le patient et la prévention.

Dans les prochains mois, des projets pilotes seront lancés en Lombardie, en Émilie-Romagne et dans le Latium. Ces pharmacies participantes pourront ainsi proposer les nouveaux tests et transmettre les résultats directement aux médecins traitants. Cette petite révolution logistique et culturelle pourrait avoir des effets considérables sur l’avenir de la santé publique en Italie, en rendant la prévention plus simple, plus rapide et plus accessible.

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