Édition française
En continu
---Advertisement---

Monde

Des théories antisémites du complot se propagent en Argentine et ciblent les Israéliens

Publié le 13 janvier 2026 17:19:00. Des accusations infondées liant des Israéliens aux incendies de forêt qui ravagent la Patagonie argentine ont déclenché une vague d'antisémitisme, suscitant de vives réactions de la part des autorités et des représentants…

Des théories antisémites du complot se propagent en Argentine et ciblent les Israéliens

Publié le 13 janvier 2026 17:19:00. Des accusations infondées liant des Israéliens aux incendies de forêt qui ravagent la Patagonie argentine ont déclenché une vague d’antisémitisme, suscitant de vives réactions de la part des autorités et des représentants de la communauté juive.

  • Des personnalités politiques et des médias ont diffusé des théories du complot accusant Israël d’être responsable des incendies.
  • Le président Milei a dénoncé l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien pour attaquer son gouvernement.
  • Les autorités argentines ont réfuté les fausses informations concernant l’origine des grenades retrouvées sur les lieux des incendies.

Alors que la province de Chubut est confrontée à des incendies de forêt ayant déjà consumé environ 35 kilomètres carrés, une désinformation virulente a émergé ce week-end, accusant des individus israéliens d’être à l’origine des départs de feu. L’allégation, relayée sur les réseaux sociaux, prétend que deux Israéliens auraient déclenché les incendies en utilisant une grenade militaire israélienne.

Cesar Milani, ancien chef adjoint de l’armée argentine, a alimenté ces accusations en évoquant un « État étranger », sans le nommer directement, mais en l’associant à une image du président Javier Milei brandissant un drapeau israélien. Son message a suscité une vive indignation.

« Notre Patagonie argentine brûle : un État volontairement absent. De nouvelles lois qui permettent l’achat libre de terres par les étrangers et les activités économiques dans les zones incendiées. Un État étranger, pointé du doigt par les habitants eux-mêmes comme responsable… »

César Milani, ancien chef adjoint de l’armée argentine

L’activiste de l’opposition Luis D’Elía a également contribué à la propagation de ces accusations en affirmant que « les Israéliens » brûlaient la Patagonie. D’Elía est une figure controversée, ayant déjà été impliqué dans l’affaire de l’attentat contre l’AMIA en 1994, qui avait fait 85 morts à Buenos Aires.

La polémique a pris de l’ampleur lorsque Marcela Feudale, animatrice de radio, a diffusé en direct des informations non vérifiées concernant l’implication israélienne. Suite à une forte réaction, elle a rétracté ses déclarations, présenté ses excuses et souligné les dangers des théories du complot.

Des images circulant en ligne prétendaient qu’une grenade M26 de fabrication israélienne avait été découverte sur un site d’incendie. L’organisation de vérification des faits Chequeado a rapidement démenti cette information, confirmant qu’il s’agissait en réalité d’une grenade FMK-2 fabriquée par Fabricaciones Militares. Les autorités provinciales ont corroboré cette conclusion.

Le président Milei a fermement condamné ces accusations, dénonçant une tentative d’instrumentaliser la question juive et Israël pour attaquer son administration. Il a déclaré : « Je ne pense pas que ce soit une coïncidence. Ils utilisent Israël et les Juifs pour attaquer le gouvernement, et cela est devenu complètement incontrôlable. »

Mauro Berenstein, président de la Délégation des associations israéliennes argentines (DAIA), a qualifié d’« irresponsable et dangereux » l’accusation portée contre « deux Israéliens » sans preuve tangible. Il a souligné que de telles affirmations alimentent la stigmatisation et la haine, ajoutant : « Un mensonge n’est pas une opinion. »

Sabrina Ajmechet, députée du parti La Libertad Avanza, a dénoncé un double standard antisémite, soulignant qu’on ne blâmerait pas facilement « deux Espagnols » ou « deux Australiens » pour de tels événements.

Cette controverse survient dans un contexte de tensions diplomatiques entre l’Argentine et Israël. Selon un rapport du média N12, l’Argentine aurait retardé son projet de transfert de son ambassade à Jérusalem, invoquant des préoccupations liées à un projet d’exploration pétrolière d’une société israélienne près des îles Malouines (Falkland), un territoire disputé avec le Royaume-Uni.

Cet épisode souligne la rapidité avec laquelle des récits antisémites peuvent émerger en période de crise et l’importance d’une réponse rapide et factuelle pour contrer leur propagation. L’organisation Combat Antisemitism Movement (CAM) a lancé l’application Report It, un outil sécurisé pour signaler les incidents antisémites en temps réel. Téléchargez l’application sur l’Apple Store ou sur Google Play.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.