Publié le 9 novembre 2023 15:43:00. La maladie de Parkinson, une affection neurologique progressive, touche des millions de personnes dans le monde. Des recherches récentes mettent en lumière des indicateurs précoces, notamment des modifications subtiles dans la façon dont les individus tournent lorsqu’ils marchent, ouvrant la voie à un diagnostic plus précoce et à une meilleure prise en charge.
- Une étude allemande révèle que des changements dans les schémas de rotation pendant la marche peuvent précéder le diagnostic de la maladie de Parkinson de près de neuf ans.
- On estime qu’entre 200 000 et 400 000 personnes sont atteintes de la maladie de Parkinson en Indonésie, avec plus de 1 100 décès par an.
- Au Royaume-Uni, plus de 20 000 personnes pourraient ignorer qu’elles sont atteintes de la maladie, et le nombre de diagnostics a diminué de 26 % entre 2019 et 2021.
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative qui affecte les cellules nerveuses du cerveau responsables de la production de dopamine, un neurotransmetteur essentiel au contrôle des mouvements. La carence en dopamine entraîne des symptômes moteurs caractéristiques tels que des tremblements, une lenteur des mouvements (bradykinésie), une rigidité musculaire, ainsi que des troubles de l’équilibre et de la coordination. D’autres manifestations peuvent inclure des difficultés d’élocution, des troubles de l’écriture et des changements dans les expressions faciales.
La détection précoce de la maladie est cruciale. Les spécialistes soulignent que la période précédant l’apparition des symptômes cliniques représente une fenêtre d’opportunité pour des traitements neuroprotecteurs, une fois qu’ils seront disponibles. Les études suggèrent que cette phase pré-diagnostique peut s’étendre sur une période allant de 3 à 15 ans, et que l’identification de marqueurs précoces pourrait permettre une intervention plus rapide et potentiellement ralentir la progression de la maladie.
L’impact de la maladie de Parkinson est significatif à l’échelle mondiale. En Indonésie, on estime que 200 000 à 400 000 personnes sont touchées, avec plus de 1 100 décès chaque année. Elle est l’un des troubles neurodégénératifs les plus fréquents après la maladie d’Alzheimer et augmente jusqu’à six fois le risque de démence, selon la page de neurologie de l’Université Sebelas Maret.
Au Royaume-Uni, la situation est préoccupante. Selon Parkinson UK, plus de 20 000 personnes pourraient vivre avec la maladie sans le savoir, et un nouveau cas est diagnostiqué toutes les 20 minutes. Paradoxalement, le nombre de diagnostics a diminué de 26 % entre 2019 et 2021, passant de 26 000 à 19 300 cas, ce qui soulève des inquiétudes quant à un retard de diagnostic et à un accès limité aux soins.
La récente étude allemande, publiée dans la revue Annals of Neurology, apporte un nouvel espoir. Les chercheurs ont suivi 924 participants de plus de 50 ans pendant dix ans, en utilisant des capteurs portables placés dans le bas du dos pour enregistrer la vitesse et l’angle de rotation lors de la marche. Ils ont constaté qu’un virage plus lent au début de l’étude était associé à un risque accru de diagnostic de la maladie de Parkinson, des anomalies apparaissant en moyenne neuf ans avant la confirmation du diagnostic.
À la fin de l’étude, 23 participants ont reçu un diagnostic de la maladie, environ cinq ans après la fin des tests initiaux. Grâce à l’utilisation de l’apprentissage automatique, les chercheurs ont pu prédire 60 % des cas pré-diagnostiques de Parkinson et 80,5 % des participants en bonne santé, avec une précision globale de 80,5 %. Le Daily Mail rapporte que ces résultats suggèrent que les changements dans les schémas de virage pourraient constituer un indicateur précoce précieux pour un dépistage à grande échelle.
Outre le modèle de rotation, la recherche a identifié d’autres facteurs de risque. Le sexe est un facteur important, les hommes étant quatre fois plus susceptibles que les femmes de développer la maladie. De plus, le risque augmente de 15 % chaque année avec l’âge.
Les chercheurs expliquent que ce changement dans le schéma de virage est probablement lié à une diminution de la stabilité posturale et de la vitesse de mouvement, des phénomènes courants aux premiers stades de la maladie de Parkinson. Les patients peuvent inconsciemment adopter un itinéraire de virage plus large pour maintenir leur équilibre.
Cette découverte ouvre la voie à des méthodes de détection précoce de la maladie de Parkinson simples, non invasives et basées sur des capteurs portables. Un diagnostic précoce permettrait aux patients de bénéficier d’un traitement approprié et de ralentir la progression de la maladie. Bien que des études plus approfondies soient nécessaires, ces résultats suggèrent que les habitudes de marche et de virage pourraient être un indicateur important pour identifier les personnes à risque bien avant l’apparition des symptômes.
Aprilian Rodo Rizky a contribué à la rédaction de cet article.
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