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Différences entre les tensions entre Squella et Valenzuela au sein du Parti républicain et le commandement de Kast

by Nicolas Lefèvre

Publié le 22 octobre 2025 08h10. Des tensions internes au Parti Républicain chilien, liées à la stratégie de communication et à l’influence de proches collaborateurs de José Antonio Kast, émergent au grand jour, révélant des divergences profondes sur la ligne politique à adopter.

  • Des désaccords portent sur la gestion de l’image de Jaime Guzmán, figure historique de la droite chilienne.
  • Cristián Valenzuela, considéré comme le conseiller le plus proche de José Antonio Kast, est accusé d’exercer un contrôle excessif sur la communication du parti.
  • Arturo Squella, président du Parti Républicain, tente de maintenir une position plus dialoguée, mais son influence est jugée moindre face à celle de Valenzuela.

Les fissures au sein du Parti Républicain se sont révélées publiquement suite aux déclarations de Ruth Hurtado, secrétaire générale du parti et proche collaboratrice de Cristián Valenzuela, concernant Jaime Guzmán, fondateur de l’UDI (Union Démocrate Indépendante). Le président du parti, Arturo Squella, a pris ses distances avec ces propos, appelant à la prudence et à la mesure dans les échanges.

« Le problème avec Jaime Guzmán était évidemment une impasse. (…) Qu’il y a des troubles (dans l’UDI) (…), au moins en ce qui concerne la responsabilité que j’ai personnellement, j’appelle toujours à mesurer les mots, à veiller (…) à ce que ces différences soient au niveau des propositions, des idées. »

Arturo Squella, président du Parti Républicain

Selon des sources internes, les déclarations de Hurtado n’auraient pas été faites sans l’aval de Valenzuela, qui serait l’architecte de cette stratégie visant à raviver le débat sur l’héritage de Guzmán. Cette manœuvre coïncide avec une baisse de popularité de José Antonio Kast dans les sondages et une montée en puissance de ses concurrentes, Gloria Kaiser et Evelyn Matthei, ce qui alimente les critiques à l’encontre de Valenzuela.

Les observateurs soulignent que Squella et Valenzuela, bien que tous deux anciens militants de l’UDI, avocats formés à l’Université Catholique du Chili et professeurs de droit, présentent des styles et des approches très différents. Valenzuela est décrit comme pragmatique et direct dans la poursuite de ses objectifs, tandis que Squella est perçu comme plus idéaliste et courtois.

Ces tensions, qui rappellent les divergences classiques entre la direction d’un parti et ses instances, sont exacerbées par un déséquilibre des forces entre Squella et Valenzuela, ce dernier étant considéré comme l’homme de confiance de Kast. Plusieurs figures importantes du parti, notamment des avocats de l’UC, auraient quitté l’entourage de Kast en raison de ces frictions.

Cristián Valenzuela est largement considéré comme la figure politique la plus proche de José Antonio Kast. Son influence est telle qu’il est dit que le candidat ne prend aucune décision importante sans son accord. Il est capable de « décider des noms » et de « donner des avis », ce qui en fait un acteur clé dans le processus décisionnel du parti.

Valenzuela agit comme un filtre pour les déclarations et les positions des Républicains, assumant le rôle de « contrôleur ». Il intervient pour corriger les erreurs de communication et est également accusé de minimiser les questions de valeurs qui intéressent l’électorat traditionnel de Kast.

À l’inverse, le rôle d’Arturo Squella est perçu comme plus axé sur le dialogue, mais sa relation avec Kast n’est pas aussi étroite que celle entre ce dernier et Valenzuela. Son rôle est davantage celui d’un « chancelier », chargé de fonctions représentatives plutôt que décisionnelles.

Les désaccords entre Valenzuela et Squella se sont manifestés à plusieurs reprises, notamment lors des discussions sur les coupes budgétaires de 6 milliards de dollars (environ 6,4 millions d’euros) et le licenciement de 100 000 fonctionnaires. Squella avait affirmé que ces coupes n’étaient pas directement liées au nombre de fonctionnaires à licencier, une affirmation corrigée par Valenzuela qui avait précisé qu’il s’agissait d’une « proportion de grandeur » et que le plan d’ajustement était en cours d’élaboration.

D’autres différends concernent les discussions au sein du Conseil constitutionnel. En 2021, lors d’un conclave républicain à Casablanca, Squella avait plaidé pour un dialogue avec l’UDI et Renouveau National, tandis que Valenzuela était réticent à toute forme de coordination ou de consensus.

Un incident survenu lors de la préparation du plébiscite constitutionnel a révélé la position de Valenzuela, qui avait déclaré dans un groupe WhatsApp que « l’objectif n’a jamais été de présenter une Constitution faisant l’objet d’un large consensus ». Cette déclaration a suscité la controverse et a été interprétée comme une volonté de saboter les accords au Conseil constitutionnel.

En outre, Squella et Valenzuela ont eu des divergences concernant le voyage de José Antonio Kast aux États-Unis après le premier tour de l’élection présidentielle de 2021. Squella avait jugé ce voyage excessif, tandis que Valenzuela le considérait comme nécessaire.

Selon des sources, Valenzuela aurait demandé à Hurtado de soulever la question de Jaime Guzmán afin de créer des tensions au sein de la droite et de favoriser la position de Kast face à Matthei. Il aurait choisi Hurtado, une collaboratrice de confiance, car il doutait que Squella, dont la famille était proche de Guzmán, aurait accepté de tenir de tels propos.

« C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Cela convient à Valenzuela de couvrir un scandale par un autre. Maintenant, il a couvert les “parasites” avec Jaime, ce qui est de très mauvais goût. Avant, il couvrait la chronique sur Vidal avec les chiffres des opérateurs », a déclaré un membre du parti, souhaitant rester anonyme.

Ruth Hurtado, dont les déclarations ont été perçues comme une provocation, a pris position 48 heures après le débat entre les candidats, où Matthei avait fait une concession. Au sein du Parti Républicain, on estime que Hurtado ne prend aucune initiative sans l’accord de Valenzuela, surnommé par ses détracteurs « Raspoutine », en référence au mystique russe qui exerçait une influence néfaste sur la cour du tsar.

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