Les élèves du collège Champollion de Dijon ont retrouvé les bancs de l’école ce lundi, mais dans des conditions exceptionnelles après l’incendie criminel qui a ravagé une partie de leur établissement en décembre. Si 375 d’entre eux ont pu revenir dans les bâtiments épargnés par les flammes, les classes de troisième ont dû être relogées au lycée Eiffel.
L’incendie, survenu le 13 décembre, une semaine avant les vacances scolaires, a nécessité la mise en place de solutions d’urgence. Deux salles de classe modulaires, d’une superficie de 54 mètres carrés chacune, ont été installées dans la cour du collège pendant les vacances pour accueillir les élèves de sixième. Les classes de cinquième et de quatrième ont repris leurs cours dans les bâtiments non touchés.
Devant le collège, les assistants d’éducation (AED) accueillaient les élèves, vérifiant leurs carnets de liaison. L’ambiance était partagée entre soulagement et inquiétude. « Ça fait du bien, ça faisait longtemps, ça commençait à nous manquer un peu », confiait Paco, 12 ans, élève de cinquième, heureux de retrouver ses camarades et son collège.
Maxence, son ami, partageait son enthousiasme : « C’est bien, on va de nouveau pouvoir avoir cours, c’est mieux que de rester à la maison. » Cependant, l’ombre de l’incendie planait encore sur les esprits, comme l’exprimait Othmane, également 12 ans : « Je suis quand même triste pour mon collège. »
L’inquiétude était également palpable chez les parents. Une mère de famille, déposant ses deux enfants de cinquième devant l’établissement, exprimait un mélange d’espoir et de crainte : « C’est plutôt positif parce qu’ils vont être dans leur collège, mais on conserve certaines craintes étant donné ce qui s’est passé ici. On craint qu’il y ait des représailles, qu’il y ait un nouvel incendie. » Elle ajoutait cependant : « On n’est pas à l’abri que quelque chose recommence, mais je suis quand même confiante car nous sommes bien entourés et tous unis. »
La rentrée est particulièrement difficile pour les élèves de troisième, contraints de s’adapter à un nouvel environnement au lycée Eiffel. « Ça bouleverse notre quotidien », témoignait Inès, 14 ans, qui envisage de devenir psychologue ou architecte d’intérieur. « C’est stressant de ne plus voir les autres collégiens, plus petits que nous, dans un lieu où l’on n’a jamais étudié auparavant. »
Le proviseur du lycée Eiffel, Philippe Goux, a tenté de rassurer les élèves : « Une salle est prévue pour chaque classe de troisième, les élèves vont avoir l’occasion de s’approprier totalement l’espace, les enseignants pourront apporter du matériel pour personnaliser les salles. »
La rectrice de l’académie de Dijon, Mathilde Gollety, a souligné que le retour à la normale prendrait du temps, malgré les mesures d’accompagnement mises en place, notamment des cellules d’écoute après le drame. « Il va falloir accepter que la communauté enseignante puisse se relever petit à petit de ce drame », a-t-elle déclaré.
La rentrée a été marquée par la présence du préfet Paul Mourier, d’Océane Godard, représentant le Conseil régional, et de Catherine Louis, vice-présidente du Conseil départemental, chargée de la reconstruction du bâtiment E, le plus endommagé par l’incendie. Le préfet a insisté sur la réponse rapide de la République face à cette attaque ciblant un symbole de l’éducation nationale, après la médiathèque du quartier des Grésilles. « La République est là, elle est debout, et elle ressort encore plus forte », a-t-il affirmé.
Le collège Champollion devrait retrouver son fonctionnement normal à la rentrée de septembre, après des travaux de reconstruction importants. À ce stade, le bâtiment E reste inaccessible et le préau a dû être décontaminé et repeint.
