Publié le 2024-02-29 10:00:00. Des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) ont mis au point les premiers médicaments ciblant le gène KRAS, responsable d’environ un quart des cancers, une avancée majeure après des décennies d’échecs thérapeutiques. Ces traitements, récemment approuvés par la FDA, ouvrent une nouvelle voie prometteuse dans la lutte contre des cancers particulièrement agressifs.
- Deux médicaments, le sotorasib et l’adagrasib, ont été approuvés par la Food and Drug Administration (FDA) pour cibler les mutations du gène KRAS.
- L’équipe du professeur Kevan Shokat a identifié une poche spécifique sur la protéine K-Ras mutée, permettant le développement de médicaments capables de l’inhiber.
- Ces recherches pourraient également conduire à de nouvelles thérapies pour des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson.
Pendant plus de trente ans, les mutations du gène KRAS, qui stimulent la croissance cellulaire, ont été considérées comme inaccessibles aux traitements. Ce gène est présent dans la quasi-totalité de nos cellules et produit la protéine K-Ras, essentielle à la division et au développement cellulaires. Cependant, certaines mutations entraînent un blocage permanent du signal, provoquant une prolifération incontrôlée et, à terme, la formation de tumeurs cancéreuses. Ces mutations sont particulièrement fréquentes dans des cancers mortels tels que ceux du poumon, du pancréas et du côlon.
La percée est venue en 2013, lorsque le professeur Kevan Shokat et son équipe ont découvert une petite cavité, une sorte de « point faible », sur la surface de la protéine K-Ras mutée. Cette découverte a permis de concevoir des médicaments capables de se fixer à cette poche, affaiblissant ainsi la protéine et détruisant les cellules cancéreuses. Le professeur Shokat, de l’UCSF, a ainsi démontré que la protéine K-Ras pouvait être ciblée par des traitements médicamenteux.
L’approbation récente du sotorasib et de l’adagrasib par la FDA marque une étape décisive. D’autres traitements similaires sont actuellement en phase d’essais cliniques avancés, laissant entrevoir une nouvelle ère dans la prise en charge des cancers liés à KRAS. Au-delà du cancer, les travaux du professeur Shokat inspirent également la recherche de nouvelles approches thérapeutiques pour d’autres maladies, notamment la maladie de Parkinson et d’autres affections liées à un dysfonctionnement enzymatique.
Sauver des vies grâce à la science
Les scientifiques de l’UCSF découvrent des traitements contre les maladies les plus déchirantes et les plus coûteuses, lancent de nouvelles industries, créent des emplois et protègent l’Amérique.
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