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Disney devient premier enchérisseur pour reprendre une partie de la propriété intellectuelle de Character.ai

La start-up américaine Character.AI a déposé le bilan sous le régime du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux États-Unis, plombée par des coûts massifs et des poursuites…

La start-up américaine fait état de «difficultés significatives» sur les plans judiciaire, réglementaire et opérationnel

La start-up américaine Character.AI a déposé le bilan sous le régime du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux États-Unis, plombée par des coûts massifs et des poursuites judiciaires. Disney s’est positionné comme premier enchérisseur pour reprendre une partie de sa propriété intellectuelle pour 20 millions de dollars.

Fondée en 2021 par deux anciens employés de Google, la jeune pousse de Menlo Park perdait entre 8 et 9 millions de dollars chaque mois en raison des coûts élevés liés à la puissance de calcul et au recrutement de talents spécialisés, selon les documents judiciaires déposés au tribunal des faillites de Wilmington, dans le Delaware, malgré une base d’environ 12 millions d’utilisateurs actifs.

Les poursuites judiciaires qui accablent Character.AI

En octobre 2024, une action en justice a été intentée contre la société par Megan Garcia, dont le fils de 14 ans s’était suicidé après être devenu émotionnellement dépendant d’un chatbot inspiré de l’univers du Trône de fer. D’autres familles ont par la suite engagé des poursuites similaires.

Disney devient premier enchérisseur pour reprendre une partie de la propriété intellectuelle de Character.ai
Photo : Martin Cid Magazine

Le Kentucky a affirmé que certains assistants virtuels incitaient les utilisateurs à s’automutiler ou à s’affamer, tandis que la Pennsylvanie a souligné que des robots se faisaient passer pour des professionnels de la santé. Character.AI avait bloqué l’accès de sa plateforme aux mineurs en octobre 2025 et conclu des accords préliminaires avec plusieurs familles en janvier dernier, bien que ces règlements n’aient pas encore été finalisés.

Le géant du divertissement Disney avait adressé une mise en demeure à la start-up en septembre 2025 pour exiger le retrait de personnages protégés tels qu’Elsa et Dark Vador. Disney a par la suite recruté le directeur général de Character.AI, Karandeep Anand, pour en faire son directeur de la technologie.

L’offre de référence proposée par Disney

Disney agit en tant que premier enchérisseur de référence, ou stalking horse, en proposant 20 millions de dollars pour obtenir une licence non exclusive et perpétuelle sur une partie de la propriété intellectuelle, ainsi que certains droits liés aux actions en justice.

Character.AI Files for Bankruptcy: Disney’s $20M Deal Explained

En août 2024, Google avait versé environ 2,7 milliards de dollars pour obtenir une licence sur la technologie de la start-up et faire revenir ses fondateurs, Noam Shazeer et Daniel De Freitas, dans le cadre d’un accord qualifié de rachat inversé. L’offre actuelle de Disney représente ainsi moins de 1 % de ce montant.

Les documents judiciaires évaluent à la fois les actifs et le passif de Character Technologies dans une fourchette comprise entre 50 et 100 millions de dollars. L’offre de Disney fixe un plancher que d’autres candidats peuvent surrenchérir lors des enchères organisées sous la supervision de la justice.

Disney
Photo : Siècle Digital

L’intervention des procureurs généraux américains

Quarante procureurs généraux américains ont déposé un avis d’intérêt auprès du tribunal pour exiger des garanties strictes concernant les informations sensibles collectées par les chatbots, réclamant notamment des mécanismes efficaces de contrôle de l’âge et la possibilité pour les utilisateurs de supprimer leurs données, alors que la procédure de vente doit s’achever entre la fin novembre et le début décembre 2026.

La direction indique que la plateforme et les abonnements payants restent opérationnels pour l’instant. Toutefois, l’entreprise a explicitement reconnu que si aucune offre viable assurant la poursuite des services n’émergeait des enchères, les chatbots de la plateforme seraient définitivement arrêtés.

En août 2024, Google avait versé environ 2,7 milliards de dollars pour obtenir une licence sur la technologie de la start-up et faire revenir ses fondateurs, Noam Shazeer et Daniel De Freitas.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.