Édition française
En continu
---Advertisement---

Nouvelles

Syndicats de GSK déçus après leur rencontre avec Bart De Wever

Les syndicats de GSK, menacés par un plan de restructuration supprimant 1 217 emplois, ont exprimé leur profonde déception le mercredi 14 octobre à l'issue d'une rencontre d'un…

Syndicats de GSK déçus après leur rencontre avec Bart De Wever

Les syndicats de GSK, menacés par un plan de restructuration supprimant 1 217 emplois, ont exprimé leur profonde déception le mercredi 14 octobre à l’issue d’une rencontre d’un peu plus d’une heure avec le Premier ministre Bart De Wever à Bruxelles, regrettant l’absence de mesures concrètes et d’engagements clairs de la part du gouvernement.

La restructuration annoncée au sein de la firme pharmaceutique a provoqué une onde de choc parmi le personnel, menaçant directement 1 217 postes, dont une large part touche des cadres hautement qualifiés. Les représentants des syndicats CNE et Setca se sont rendus au 16, rue de la Loi pour confronter le chef du gouvernement fédéral à cette situation sociale critique, soulignant le paradoxe d’une entreprise largement bénéficiaire qui a pourtant profité d’importants subsides publics.

La rencontre au 16, rue de la Loi et le constat d’incompréhension

L’entretien entre les délégations syndicales et le Premier ministre Bart De Wever s’est achevé sur un sentiment partagé de frustration. Le chef du gouvernement a lui-même rappelé qu’il s’était rendu sur le site de GSK six mois auparavant sans avoir eu le moindre indice concernant un tel plan de licenciements, affichant son étonnement et sa déception face au comportement de la firme envers les autorités.

Pertes d’emploi chez GSK : les syndicats déçus après leur rencontre avec le Premier ministre
Photo : RTBF

Malgré cet étonnement partagé, le cabinet fédéral a fermé la porte à tout retour en arrière concernant les réformes sociétales déjà engagées. Pour les délégués du personnel, la limitation des allocations de chômage à maximum deux ans et la suppression des régimes de chômage avec complément d’entreprise (RCC) pèseront lourdement sur les travailleurs qui seront licenciés et sur leur précarité.

« La seule option avancée est le droit au rebond, soit le fait de pouvoir bénéficier une seule fois dans la carrière de six mois d’allocations de chômage après une démission »

Les représentants des syndicats CNE et Setca, via Lesoir

Cette unique alternative proposée par l’exécutif a immédiatement été rejetée par les organisations syndicales comme étant totalement inadaptée à l’ampleur du plan social en cours.

La colère des syndicats face aux milliards de bénéfices et aux aides publiques

Au cœur de la contestation se trouve le profil financier de l’entreprise pharmaceutique. Les syndicats ont vivement dénoncé une direction qui supprime des postes malgré des profits massifs et un soutien financier historique de l’État. Selon les chiffres avancés par les représentants des travailleurs, la firme a bénéficié de nombreuses aides de l’État, tout en annonçant des suppressions d’emplois malgré ses bénéfices.

Ce chiffre prend une résonance particulière lorsque l’on analyse la structure des suppressions de postes annoncées. Sur les 1 217 emplois ciblés par la restructuration, 735 concernent précisément des cadres, actifs précisément dans le domaine de la recherche et développement, ont souligné les syndicats. Pour les syndicalistes, il est inacceptable que de l’argent public serve à financer des suppressions d’emplois qualifiés.

« On ne peut pas accepter d’avoir des entreprises qui aujourd’hui licencient des travailleurs alors qu’elles bénéficient […] de aides d’État »

Stéphane Piron, secrétaire fédéral Setca

Les syndicalistes ont réclamé que l’octroi de telles subventions soit désormais strictement conditionné à des garanties en matière d’emploi. Une exigence repoussée par le Premier ministre, qui a fait valoir que de telles conditions pourraient constituer « un frein à l’attractivité dans notre pays », une position vigoureusement contestée par les représentants du personnel qui ont réagi en affirmant qu’ils ne partagent pas cette position.

Syndicats de GSK déçus après leur rencontre avec Bart De Wever
Photo : sudinfo.be

L’absence d’engagements clairs et le dépôt d’un préavis de grève

L’entretien ministériel s’est déroulé en présence de plusieurs figures politiques de premier plan, parmi lesquelles le ministre-président wallon Adrien Dolimont, le ministre fédéral de l’Emploi David Clarinval, et le ministre wallon de l’Emploi Pierre-Yves Jeholet. Si le gouvernement fédéral et l’exécutif wallon ont officiellement demandé à la direction de GSK de limiter l’impact social de la crise, les syndicats retiennent surtout le manque de garanties tangibles.

« On a eu un gouvernement qui nous a écoutés, mais quand on a demandé des engagements clairs, on a eu peu de réponses »

Michel Barbuto, secrétaire national industrie à la CNE

Face à ce dialogue jugé stérile et à la colère par rapport à la direction parce que c’est eux qui ont décidé, dans une entreprise qui est largement bénéficiaire, de faire sombrer dans l’insécurité plus de 200 familles selon les estimations syndicales, la réaction ne s’est pas fait attendre. Des actions de blocage sont programmées dès le lendemain à cinq heures du matin sur les sites industriels de Rixensart et de Wavre.

De son côté, la direction de GSK — dont les représentants ne se sont pas exprimés à l’issue de leur rencontre avec Bart De Wever dans la foulée de cet échange avec les syndicats — a tenté de justifier sa décision en invoquant les difficultés globales du secteur pharmaceutique, tout en affirmant sa volonté de maintenir des activités ancrées en Belgique. Aucune date n’a toutefois été arrêtée pour de nouvelles discussions formelles entre les parties prenantes, si ce n’est la garantie qu’ils se reverront.

Syndicats de GSK déçus après leur rencontre avec Bart De Wever
Photo : lavenir.net

À l’issue de ces consultations, la question de l’avenir du site reste entière, les autorités n’ayant pris aucun engagement formel quant à un éventuel suivi rapproché.


Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now
À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.