Agen accueille un ancien médecin urgentiste des pompiers de Paris, Claude Fuilla, qui a vécu des moments clés de l’histoire contemporaine, de la mort de la princesse Diana à la prise d’otages de Neuilly. Son autobiographie, « De sang et d’or », témoigne d’une vie dédiée aux autres et à la transmission de son expérience.
C’est une image qui lui est restée gravée : celle d’une femme décédée dans un accident de la route. « Qu’elle était belle… » confie-t-il, près de trente ans après, l’émotion toujours vive. Il aurait pu la croiser, l’aborder, mais le destin en a décidé autrement. Ce souvenir, aussi personnel soit-il, est le point de départ d’une vie riche en engagements et en rencontres.
Claude Fuilla a mené une carrière internationale, mais c’est son rôle de directeur de soin médical des pompiers de Paris qui l’a marqué à jamais. Il évoque notamment son intervention suite à l’accident du Pont de l’Alma, où la princesse Diana a perdu la vie. « En écrivant cette partie de ma vie, je me dis que les gens vont y retrouver Lady Di, mais aussi découvrir qui est Berty Albrecht. » Il se souvient également de sa participation, en 1988, à l’inauguration d’une statue aux côtés de François Mitterrand.
Son parcours est jalonné d’événements marquants. Il a participé à la gestion de la prise d’otages dans une école maternelle à Neuilly-sur-Seine en 1993, a contribué aux secours après le tremblement de terre en Haïti en 2010, et a passé plusieurs mois à Kaboul. Des missions qui ont naturellement trouvé leur place dans son livre.
Au-delà de ces expériences médiatisées, « De sang et d’or » est avant tout un témoignage sur l’urgence médicale et l’envie de transmettre un savoir. L’ouvrage est aussi un hommage à ses origines catalanes, symbolisées par cette référence aux couleurs « sang et or ». Bien qu’il se définisse rarement comme un écrivain, ce livre est né d’une collaboration avec les Pompiers de Paris, à la suite de la publication d’un ouvrage collectif il y a quatre ans.
Depuis 2023, Claude Fuilla a choisi de s’installer à Agen, en Lot-et-Garonne, sans pour autant renoncer à son métier. « Mon épouse est encore en activité, alors, quand j’ai fini de repasser les chemises, je m’ennuie… » plaisante-t-il. Le choix d’Agen, plutôt que de Bordeaux, a été approuvé par les deux époux.
Aujourd’hui, il exerce au sein du Samu 47, d’abord sur le terrain, puis comme médecin régulateur, de jour comme de nuit. Il souligne les tensions vécues, notamment durant l’été, lorsque les services d’urgence du département étaient fortement sollicités. Mais c’est le travail d’équipe, l’esprit de corps, qui continue de le motiver, comme au premier jour où il a enfilé son uniforme et sa blouse.