Le dollar américain a entamé la semaine sur une note positive, porté par la faiblesse du yen japonais et les incertitudes politiques aux États-Unis. Cette dynamique a permis à l’indice du dollar de grimper à son plus haut niveau en dix jours, malgré les inquiétudes persistantes concernant une possible récession économique.
La principale cause de cette appréciation du dollar réside dans l’effondrement du yen, consécutif à la victoire de Sanae Takaichi à la tête du parti au pouvoir au Japon. Son programme, axé sur une politique budgétaire plus souple et une politique monétaire accommodante – une approche qualifiée par certains d’« Abenomics 2.0 » – a pesé sur la devise japonaise. Le taux de change dollar/yen a ainsi bondi de près de 2 % pour atteindre 150,43, un sommet observé pour la première fois en deux mois.
Cette dépréciation du yen renforce l’attrait du dollar, notamment en raison de l’écart important entre les taux d’intérêt américains et japonais. Les marchés anticipent désormais que la Banque du Japon pourrait retarder toute modification de sa politique monétaire jusqu’en 2026.
Par ailleurs, l’impasse politique à Washington, avec la fermeture partielle de l’administration fédérale, ajoute une couche d’incertitude. Le blocage retarde la publication de données économiques clés, notamment les chiffres de l’emploi de septembre, rendant plus difficile pour les investisseurs de prendre des décisions éclairées.
Malgré ce contexte, les attentes concernant une baisse de 0,25 point de pourcentage des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed) en octobre restent fortes, avec une probabilité estimée à 95 % selon les données de CME FedWatch. Les marchés anticipent également une nouvelle baisse en décembre.
Les prochaines interventions des responsables de la Fed, et en particulier le discours de son président, Jerome Powell, seront scrutées à la loupe par les investisseurs. Tout signe d’une attitude plus restrictive de la part de la banque centrale pourrait influencer la trajectoire du dollar.
La hausse des prix du pétrole, stimulée par la décision de l’OPEP+ d’augmenter sa production en novembre, a également contribué à soutenir le dollar. Les États-Unis, en tant que producteur et acteur majeur du commerce énergétique mondial, bénéficient indirectement de cette augmentation.
Cependant, le dollar a déjà perdu environ 10 % de sa valeur depuis le début de l’année, ce qui témoigne d’une recherche d’alternatives plus sûres par les investisseurs. À ce stade, une politique monétaire plus accommodante de la Fed et des signes de ralentissement de la croissance économique pourraient rendre le dollar plus vulnérable à long terme.
Sur le plan technique, l’indice du dollar a maintenu un niveau de support à 97,50 la semaine dernière. Le dépassement de la barre des 98 en début de semaine lui a conféré un élan à court terme. Il teste désormais le niveau de 98,50, qui a historiquement servi de résistance. Si le dollar parvient à franchir ce seuil, la prochaine cible pourrait être 99,70, ce qui pourrait inciter les investisseurs à se réfugier dans le dollar en période de turbulences sur les marchés.
La rapidité avec laquelle la crise politique américaine sera résolue aura également un impact sur l’évolution du dollar. Une résolution rapide pourrait avoir un effet neutre voire positif, tandis qu’une prolongation de l’incertitude pourrait entraîner une nouvelle faiblesse de la devise américaine. Dans ce scénario, les orientations de la Fed en matière de taux d’intérêt et les changements de politique au Japon seront déterminants.
Si le dollar ne parvient pas à dépasser 98,50, il pourrait subir une nouvelle pression, avec un retour possible vers le niveau de support à 97,50, et potentiellement vers 96,50 en cas de rupture de ce seuil.