L’accalmie suivant les tensions au Venezuela a été de courte durée, les marchés financiers revenant rapidement à leurs préoccupations concernant les données économiques décevantes et l’apparente indifférence des investisseurs face aux risques géopolitiques. Malgré un bref regain d’intérêt pour le dollar américain comme valeur refuge, les analystes anticipent une légère tendance haussière à court terme, en raison de la saisonnalité et de l’optimisme persistant du marché, qui expose les actifs à risque.
Quelques jours après l’opération militaire américaine au Venezuela, l’impact sur les taux de change s’est avéré limité. La fuite vers le dollar observée lundi a été rapidement contenue par les premiers signaux d’un dialogue entre les États-Unis et Delcy Rodríguez, la nouvelle figure de proue du gouvernement vénézuélien, réduisant ainsi la probabilité d’une intervention militaire américaine imminente.
À court terme, l’impact du Venezuela sur le dollar est considéré comme neutre à légèrement positif (en raison de la hausse du risque géopolitique, mais sans conséquences majeures pour les États-Unis ou le marché pétrolier). À moyen terme, une augmentation de l’offre pétrolière pourrait entraîner une baisse des prix, si les marchés sont convaincus.
La performance solide des marchés boursiers hier, malgré les incertitudes géopolitiques, a contribué à inverser les gains antérieurs du dollar. Les données économiques américaines ont également joué un rôle : l’indice PMI manufacturier est tombé à 48 en décembre, marquant une quatrième baisse consécutive et atteignant son plus bas niveau depuis octobre 2024. Le carnet de commandes a également continué de diminuer, atteignant 45,8, ce qui pourrait signaler un risque de constitution de stocks et des suppressions d’emplois potentielles dans les mois à venir.
Les publications économiques prévues aujourd’hui, notamment les données allemandes de décembre, pourraient influencer les marchés. Les économistes prévoient un ralentissement de l’inflation allemande à 2,1 % en glissement annuel (contre 2,3 % précédemment), ce qui confirmerait les attentes d’une inflation de 2,0 % dans la zone euro demain. Malgré les appels à la prudence de certains membres de la Banque centrale européenne (BCE), les marchés restent largement alignés sur une politique monétaire restrictive, comme l’a souligné Isabel Schnabel, qui a mis en garde contre des baisses de taux d’intérêt à court terme.
Malgré le repli de la demande de valeur refuge pour le dollar hier, les analystes maintiennent une perspective légèrement haussière à court terme, en raison de la saisonnalité favorable en janvier et de l’optimisme du marché, qui expose les actifs à risque à de nouvelles tensions, notamment en Amérique latine et potentiellement au Groenland. Les tensions croissantes entre les États-Unis et le Groenland constituent un risque à surveiller, et le taux de change entre le dollar et le Groenlandais pourrait servir d’indicateur.
L’euro est la devise la moins performante du G10 depuis le week-end, les marchés anticipant une augmentation de l’offre pétrolière vénézuélienne, ce qui désavantagerait le pétrole lourd canadien, qui s’échangeait à un prix plus élevé pendant la période de pénurie. L’écart entre l’indice Western Canadian Select et le WTI s’est légèrement élargi lundi, reflétant la prudence du marché face à ces développements géopolitiques.
Le dollar canadien (CAD) est particulièrement vulnérable. Les modèles de juste valeur suggèrent que la paire USD/CAD devrait se négocier au-dessus de 1,380. Les marchés pourraient sous-estimer les risques liés à la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et à la possibilité que la Banque du Canada doive à nouveau abaisser ses taux d’intérêt en 2026. Les analystes privilégient actuellement d’autres devises à bêta élevé, comme le dollar australien (AUD) et le dollar néo-zélandais (NZD), et anticipent un risque de hausse de l’USD/CAD vers 1,390.
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