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Données à partir de 50 ans: formé mentalement en ajustement à la vieillesse

Publié le 26 octobre 2023 10:30:00. Une étude finlandaise menée sur plusieurs décennies révèle que le niveau d'éducation et la gestion des facteurs de risque cardiovasculaire jouent un rôle déterminant dans la préservation des capacités cognitives à un…

Données à partir de 50 ans: formé mentalement en ajustement à la vieillesse

Publié le 26 octobre 2023 10:30:00. Une étude finlandaise menée sur plusieurs décennies révèle que le niveau d’éducation et la gestion des facteurs de risque cardiovasculaire jouent un rôle déterminant dans la préservation des capacités cognitives à un âge avancé, parfois même en cas d’antécédents d’hypertension.

  • Un niveau d’éducation plus élevé est associé à de meilleures performances cognitives chez les personnes de 90 à 97 ans.
  • Des antécédents d’hypertension artérielle traitée en milieu de vie pourraient paradoxalement être liés à une meilleure santé cognitive à un âge avancé.
  • La prévention précoce, par l’éducation et la gestion des risques cardiovasculaires, est essentielle pour maintenir une bonne santé mentale avec l’âge.

Rester alerte et vif d’esprit à 90 ans n’est pas donné à tout le monde. C’est pourquoi la communauté scientifique s’intéresse depuis longtemps aux moyens de prévenir les maladies liées à l’âge, telles que la démence et le déclin cognitif. Une équipe de recherche de l’Université d’Helsinki a récemment publié des résultats prometteurs, basés sur une étude de longue durée impliquant des jumeaux finlandais.

L’étude s’appuie sur les données de l’Étude de cohorte des jumeaux, une vaste enquête finlandaise dans laquelle les participants ont répondu à leurs premiers questionnaires dès 1975. La biobanque THL a permis de collecter ces précieuses données longitudinales. « Nous avons constaté que certains jumeaux avaient maintenant 90 ans et plus, nous leur avons donc renvoyé les questionnaires par courrier et les avons également invités à des entretiens téléphoniques », explique Anni Varjonen, responsable de l’équipe de recherche, dans une interview. Certains jumeaux ont ainsi été suivis sur près de 50 ans, avec des informations répétées sur leur mode de vie et leur état de santé.

Selon Mme Varjonen, cette longévité des données est « vraiment impressionnante et unique pour une étude de ce type ». L’équipe a pu analyser les données de 96 participants âgés de 90 à 97 ans. Les chercheurs ont notamment étudié l’impact du niveau d’éducation sur les performances cognitives.

Les participants ont été divisés en trois groupes en fonction de leur nombre d’années d’études. L’analyse a révélé que les personnes ayant un niveau d’éducation plus élevé obtenaient de meilleurs résultats aux tests cognitifs que leurs homologues moins instruits. « Le fait que nous ayons clairement observé cette corrélation, même avec un échantillon relativement restreint, prouve que les choix que nous faisons dans notre jeunesse ont un impact significatif sur notre santé mentale à 90 ans », souligne Mme Varjonen.

Il est difficile de déterminer précisément pourquoi l’éducation a un effet aussi positif sur les capacités cognitives. « De nombreux facteurs sont interconnectés. Les personnes instruites ont souvent un mode de vie plus sain et sollicitent davantage leur mémoire que les personnes moins éduquées », explique l’experte. La lecture régulière, les conversations stimulantes et l’engagement social contribuent à maintenir le cerveau actif.

L’étude a également examiné divers facteurs de risque cardiovasculaires, tels que la pression artérielle, le cholestérol et l’indice de masse corporelle (IMC). On sait que ces éléments peuvent avoir un impact négatif sur la santé cognitive. Une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et la gestion de ces risques sont donc considérés comme essentiels pour préserver les fonctions mentales avec l’âge.

Un résultat inattendu a cependant été observé : les personnes ayant souffert d’hypertension artérielle à un âge moyen ont affiché de meilleures performances cognitives à un âge avancé que celles qui n’ont été confrontées à ce problème que plus tard. « Il est possible que ces personnes aient commencé un traitement médicamenteux et modifié leur mode de vie plus tôt », avance Mme Varjonen pour expliquer cette observation surprenante.

Ces découvertes soulignent l’importance d’une prévention précoce. L’éducation et la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire sont cruciales pour préserver la santé mentale à un âge avancé. Des visites médicales régulières et des bilans de santé peuvent aider à identifier les risques à un stade précoce et à mettre en place des mesures spécifiques.

L’étude apporte des informations précieuses sur les facteurs qui influencent la santé cognitive avec l’âge. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les interactions complexes entre ces facteurs et pour développer des stratégies personnalisées pour un vieillissement en bonne santé. Mme Varjonen conclut :

« Il n’est jamais trop tard pour investir dans son éducation et sa santé. »

Pour rester mentalement en forme tout au long de sa vie, l’experte recommande de faire de l’exercice, comme la marche ou la musculation, mais aussi de stimuler son cerveau en faisant des sudokus, en lisant des livres et en entretenant des relations sociales.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.