À seulement 16 ans, le jeune Sud-Soudanais Khamari Maluach a été drafté en NBA, un parcours exceptionnel couronné par sa sélection par les Houston Rockets, puis son échange avec les Phoenix Suns. Son histoire, marquée par l’exil et la persévérance, illustre le potentiel immense du basketball africain.
L’ascension de Maluach a été fulgurante. Né en 2006 à Rumbek, au Soudan du Sud, il a fui les conflits avec sa famille pour se réfugier en Ouganda. C’est à Kawempe, où il a grandi avec ses six frères et sœurs sous la tutelle de sa mère, que le basketball a fait son entrée dans sa vie, sur les encouragements d’un chauffeur de moto-taxi qui a remarqué sa taille.
Les débuts furent modestes : « Le terrain le plus proche était à une heure de marche, et je n’avais même pas de chaussures », confiait-il l’année dernière à BBC Sport Africa. Malgré ces difficultés, son talent n’a pas tardé à être repéré par les entraîneurs locaux Deng et Aketch Garang.
« Il apprenait si vite », se souvient Deng. « J’ai dit à Aketch que ce garçon allait devenir une star. » Un an plus tard, Maluach obtenait une bourse pour la NBA Academy Africa à Dakar, au Sénégal, une première étape cruciale vers une carrière professionnelle.
La compétition avec les meilleurs jeunes joueurs du continent africain lui a permis, selon ses propres termes, de « monter en puissance ». En 2023, il intégrait l’équipe nationale du Soudan du Sud, contribuant à sa qualification historique pour les Jeux olympiques grâce à ses performances lors de la Coupe du monde FIBA.
Ses prestations remarquées en Ligue de basketball Africa et sa nomination de meilleur joueur (MVP) au Basketball Without Borders Africa Camp 2023 ont confirmé son statut de futur espoir. Il s’est ensuite engagé à jouer pour l’université de Duke.
Cinq ans après avoir foulé un terrain pour la première fois, Khamari Maluach s’apprête à relever un nouveau défi avec les Phoenix Suns. « C’est un jour que je n’oublierai jamais », a-t-il déclaré après la draft.
Deng, témoin de son évolution, affiche une fierté immense : « Le voir passer des bases au plus haut niveau est vraiment exceptionnel. C’est un message d’espoir pour tous les enfants africains : tout est possible. »
