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DVIDS – Actualités – Des chercheurs de l’USU exploitent les mouches des fruits pour développer une nouvelle stratégie de radioprotection pour les combattants

by Sophie Martin

Publié le 24 septembre 2025. Une étude de l’Université des services en uniforme (USU) révèle que le manganèse, un oligo-élément courant, pourrait offrir une protection significative contre les dommages causés par les radiations, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de radioprotection pour les militaires, les astronautes et les populations civiles.

  • Des recherches menées sur la drosophile, la mouche des fruits, ont démontré que la supplémentation en manganèse augmente considérablement la survie des mâles exposés à des radiations.
  • L’étude identifie un métabolite antioxydant du manganèse, le H-Mn, comme un acteur clé dans la neutralisation des radicaux libres produits par les radiations.
  • Cette découverte pourrait conduire au développement de traitements préventifs et post-exposition stables et faciles à stocker, particulièrement utiles en situation d’urgence.

L’idée d’utiliser la drosophile comme modèle pour étudier les effets des radiations sur l’homme n’est pas nouvelle, mais les récentes découvertes de l’USU apportent un nouvel éclairage sur les mécanismes de protection. Environ 75 % des gènes impliqués dans les maladies humaines ont un équivalent fonctionnel chez la mouche des fruits, ce qui en fait un organisme précieux pour la recherche biomédicale. Cette similarité génétique permet aux scientifiques d’étudier les effets de divers facteurs, tels que les radiations, sur un modèle relativement simple et rapide à manipuler.

L’étude, publiée dans la revue Antioxidants (“L’administration prophylactique de manganèse à la drosophile confère une protection spécifique au sexe contre les rayonnements ionisants aigus, indépendamment des niveaux de MnSOD2”), a été dirigée par le Dr Robert Volpe, récemment diplômé du programme de doctorat en biologie moléculaire et cellulaire de l’USU. Les recherches ont impliqué une collaboration entre l’USU et l’Université Northwestern, avec la participation des Drs Aditya Sen, Ajay Sharma, Venkatesan Kathiresan, Brian Hoffman et Rachel Cox. Le Dr Volpe a développé une nouvelle méthode d’alimentation pour les mouches et utilisé des techniques spectroscopiques avancées pour analyser les niveaux de manganèse.

Les résultats ont révélé que l’ajout de chlorure de manganèse (MnCl2) à l’alimentation des mouches mâles avant une exposition à des radiations augmentait significativement leur taux de survie. Bien que les femelles présentent une résistance naturelle plus élevée aux radiations, l’amélioration observée chez les mâles suggère que l’effet protecteur est lié au métabolite antioxydant du manganèse, le H-Mn. Ce complexe agit en neutralisant les radicaux libres, des molécules instables qui endommagent les cellules et contribuent aux effets néfastes des radiations.

Ces travaux s’appuient sur les recherches antérieures du Dr Michael Daly, professeur de pathologie à l’École de médecine de l’USU (Université des services en uniforme), qui avait déjà identifié le rôle protecteur des antioxydants du manganèse dans divers organismes. Le Dr Volpe a d’ailleurs effectué un stage auprès du Dr Daly avant de rejoindre le programme de doctorat, sous la direction de la professeure Cox.

Selon le Dr Volpe, cette approche pourrait déboucher sur des traitements à la fois préventifs et post-exposition, ciblant en particulier les zones du corps les plus vulnérables aux radiations, comme l’intestin. De plus, la stabilité du manganèse permettrait de stocker facilement les suppléments, sans nécessiter de réfrigération ou de stérilisation, ce qui est crucial en situation d’urgence. Cette découverte est particulièrement pertinente pour le personnel militaire, les astronautes, les premiers intervenants et toute personne susceptible d’être exposée à des radiations dans le cadre de ses fonctions.

Les chercheurs de l’USU prévoient de poursuivre leurs travaux en explorant l’impact du manganèse sur des organes spécifiques et en utilisant la nouvelle méthode de dépistage qu’ils ont développée pour identifier d’autres composés potentiellement protecteurs contre les dommages causés par les radiations. Ils espèrent ainsi contribuer à améliorer la protection des soldats et des civils face à cette menace.

« Nous sommes ravis que cela puisse conduire à un traitement à la fois préventif et post-exposition, spécifiquement pour les zones du corps vulnérables aux radiations [telles que l’intestin] qui n’ont pas de protection forte. »

Robert Volpe, Dr., Université des services en uniforme

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