Publié le 24 avril 2025. Une équipe de l’Université des services en uniforme (USU) aux États-Unis a développé un anticorps monoclonal prometteur contre les virus Nipah et Hendra, des maladies infectieuses potentiellement mortelles, et reçoit un soutien financier important pour accélérer son développement clinique.
- L’anticorps monoclonal 1F5 (MBP1F5) développé à l’USU a été reconnu par la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI) comme une avancée majeure dans la lutte contre les épidémies.
- Les virus Nipah et Hendra, transmis par les chauves-souris frugivores, peuvent provoquer des taux de mortalité allant jusqu’à 90 %.
- Des essais cliniques de phase I sont prévus aux États-Unis, en Inde et au Bangladesh pour évaluer la sécurité et l’efficacité de l’anticorps.
La menace que représentent les maladies infectieuses émergentes exige une recherche constante et des solutions innovantes. Le virus Nipah, en particulier, suscite une inquiétude croissante en raison de sa forte virulence et de son potentiel de propagation rapide. Transmis par les roussettes et pouvant se propager d’homme à homme, ce virus provoque un syndrome de détresse respiratoire aiguë et une encéphalite, avec un taux de mortalité alarmant.
C’est dans ce contexte qu’une équipe de chercheurs de l’Université des services en uniforme (USU), basée aux États-Unis, a réalisé une percée significative. Le Dr Christopher Broder, professeur et président du Département de microbiologie et d’immunologie de l’USU, a mis au point un anticorps monoclonal, baptisé 1F5 (MBP1F5), qui s’est révélé très efficace pour neutraliser les virus Nipah et Hendra en laboratoire.
Ce travail s’appuie sur des recherches antérieures menées par le laboratoire du Dr Broder, qui avait déjà identifié un autre anticorps monoclonal, m102.4, capable de reconnaître une protéine clé des virus Nipah et Hendra. Cet anticorps a déjà été administré à 18 patients à travers le monde en situation d’urgence, en attendant une solution plus durable. Cependant, le 1F5 présente une spécificité accrue pour les protéines de fusion des virus, ce qui le rend plus puissant et plus efficace. Des études précliniques ont démontré une protection à 100 %, même lorsqu’il est administré jusqu’à cinq jours après l’infection.
« Le succès remarquable de cette nouvelle thérapie par anticorps monoclonal MBP1F5 contre l’infection par le virus Nipah-Bangladesh et le virus Hendra… est une étape clé vers la poursuite de son développement clinique en tant que traitement efficace destiné à être utilisé chez l’homme. »
Christopher Broder, professeur et président du Département de microbiologie et d’immunologie de l’USU
La Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI) a reconnu l’importance de cette découverte en désignant le MBP1F5 comme une avancée majeure pour 2024 et en s’engageant à financer son développement. Le financement initial de 43 millions de dollars permettra à Mapp Biopharmaceuticals, Inc. et à ServareGMP de mener des essais cliniques de phase I pour évaluer la sécurité de l’anticorps.
Les essais cliniques seront menés aux États-Unis, avec un accent particulier sur la protection des militaires exposés à un risque d’infection. L’objectif est de développer une injection intramusculaire à longue durée d’action, offrant une protection d’au moins six mois. La CEPI prévoit également de financer des essais de sécurité supplémentaires en Inde et au Bangladesh, où des épidémies de virus Nipah se produisent régulièrement, tous les deux à trois ans. L’idée est de disposer de l’anticorps sur place pour pouvoir le administrer rapidement aux patients en cas de besoin.
Cette reconnaissance par la CEPI souligne non seulement le potentiel thérapeutique du MBP1F5, mais aussi l’importance de la recherche menée par l’USU dans la lutte contre les maladies infectieuses à l’échelle mondiale. L’université se positionne ainsi comme un acteur clé dans le développement de solutions innovantes pour protéger la santé publique.
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