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Eat-lancet met à jour le régime de santé planétaire pour refléter les réalités culturelles et de classe

by Sophie Martin

Publié le 7 octobre 2025 14h39. Un nouveau rapport met en évidence le rôle crucial des systèmes alimentaires dans la crise climatique, tout en soulignant la possibilité d’améliorer considérablement la santé publique et la durabilité grâce à des changements profonds dans nos habitudes alimentaires et nos pratiques agricoles.

  • La production alimentaire est responsable de 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
  • Près de 3,7 milliards de personnes n’ont pas accès à une alimentation saine, à des salaires équitables ou à un environnement sain.
  • L’adoption d’un régime de santé planétaire (PhD) pourrait prévenir jusqu’à 15 millions de décès prématurés chaque année et réduire considérablement les émissions de GES.

Selon une analyse de la Commission Eat-Lancet 2025, les systèmes alimentaires mondiaux sont à la fois une source majeure de problèmes environnementaux et un facteur déterminant de la santé humaine. Le rapport, qui vise à nourrir durablement une population mondiale de 9,6 milliards de personnes d’ici 2050, met en avant la nécessité d’une transformation radicale de la manière dont nous produisons et consommons les aliments.

Le régime de santé planétaire (PhD), au cœur des recommandations, privilégie une alimentation riche en végétaux. Si ce régime était adopté à l’échelle mondiale, il pourrait non seulement prévenir jusqu’à 15 millions de décès prématurés chaque année, mais aussi réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre. La Commission estime qu’une transition complète vers le PhD, combinée à des politiques climatiques ambitieuses, pourrait faire chuter les émissions de 7,35 gigatonnes à 2,75 gigatonnes de CO2 – l’équivalent de la suppression de toutes les centrales électriques au charbon dans le monde.

Ce scénario optimiste impliquerait également une réduction de 7 % de la superficie des terres agricoles, ouvrant ainsi des perspectives de restauration de la biodiversité. La Commission insiste sur le fait que les systèmes alimentaires ne peuvent être dissociés des questions de justice sociale, appelant à un accès équitable à une alimentation nutritive, à des conditions de travail plus justes et à une gouvernance inclusive.

« Les preuves présentées dans notre rapport sont claires : le monde doit agir avec audace et équité pour assurer des améliorations durables. Les choix que nous faisons aujourd’hui détermineront la santé des personnes et de la planète pour les générations à venir. »

Shakuntala Haraksingh Thilstted, coprésidente de la Commission et directrice de la nutrition, de la santé et de la sécurité alimentaire au groupe consultatif sur la recherche agricole internationale (CGIAT)

Le rapport souligne également les coûts cachés des systèmes alimentaires, qui s’élèvent à 15 billions de dollars par an en raison des dépenses de santé et des dommages environnementaux. Il estime qu’un investissement annuel de 200 à 500 milliards de dollars dans la transformation des systèmes alimentaires pourrait générer un retour sur investissement de 5 billions de dollars par an.

La Commission préconise une réorientation des investissements vers l’agriculture régénérative et les subventions à la pêche, la finance climatique et la biodiversité, ainsi que des investissements privés alignés sur les objectifs environnementaux et sociaux. Elle appelle également à une aide au développement ou à un allègement de la dette ciblé pour les pays à faible revenu.

Selon Line Gordon, commissaire et directrice du Stockholm Resilience Center de l’Université de Stockholm, en Suède :

« Le secteur privé peut jouer un rôle crucial dans la transformation, mais une transformation efficace du système alimentaire doit garantir que la prise de décision est au service du bien public et protégée contre l’influence indue des entreprises. »

Le rapport met en garde contre les inégalités criantes : les 30 % les plus riches de la population mondiale sont responsables de près de 70 % de l’impact climatique global des systèmes alimentaires, tandis que près de la moitié de la population mondiale n’a pas accès à une alimentation saine, à des salaires équitables ou à un environnement sain. Une récente analyse a révélé qu’une alimentation saine est inabordable pour 2,8 milliards de personnes dans le monde.

Le régime de santé planétaire (PhD) se caractérise par une consommation d’aliments peu transformés et une consommation modérée de produits d’origine animale. Plus précisément, le rapport recommande :

  • 150 g de grains entiers, soit 3 à 4 portions par jour.
  • 500 g de fruits et légumes, soit au moins cinq portions par jour.
  • 25 g de noix, soit une portion quotidienne.
  • 75 g de légumineuses, soit une portion quotidienne.
  • 0–200 g de viande rouge, soit une portion par semaine.
  • 0–400 g de volaille, soit deux portions par semaine.
  • 0–700 g de poisson, soit deux portions par semaine.
  • 3 à 4 œufs par semaine.
  • 0–500 g de produits laitiers par jour, soit une portion de lait, de yaourt ou de fromage par jour.

Le PhD limite également la consommation de sucres ajoutés, de graisses saturées et de sel, afin de prévenir les maladies chroniques.

Les systèmes alimentaires sont identifiés comme l’une des principales causes du changement climatique, en particulier en raison de la production de viande, des émissions de méthane liées à la riziculture, des changements d’affectation des terres et de la déforestation. Selon le rapport, la transformation des systèmes alimentaires est essentielle pour revenir dans les limites planétaires qui garantissent un environnement sain et durable.

« La transformation des systèmes alimentaires est un défi environnemental et social majeur, mais c’est une condition préalable pour avoir une chance de revenir dans un système climatique sûr et sur une planète saine. »

Johan Rockström, coprésident de la Commission et directeur du Potsdam Institute for Climate Impact Research

La Commission souligne l’importance de l’agriculture régénérative et de l’intensification durable pour réduire les émissions de GES, améliorer la santé des sols, préserver la biodiversité et améliorer l’utilisation de l’eau.

Enfin, le rapport insiste sur le fait que l’équité et la justice ne sont pas facultatives, mais constituent des conditions préalables à la construction de systèmes alimentaires résilients et durables.

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