Publié le 27 septembre 2025 05:42:00. La production industrielle russe est en berne, conséquence directe de la politique monétaire restrictive de la Banque de Russie et d’un contexte économique difficile marqué par les sanctions et la baisse des prix du pétrole. Les difficultés financières des entreprises s’accentuent, avec un risque croissant de crise bancaire.
- La production dans le secteur du traitement a reculé de 5,5 % après la hausse des taux d’intérêt à 21 %.
- Les arriérés de paiement entre entreprises augmentent, et 32,5 % des sociétés pourraient être en difficulté financière d’ici 2026.
- Seul le secteur de l’armement affiche des résultats positifs, tandis que les prêts non remboursés ont augmenté de 32 % depuis le début de l’année.
L’industrie manufacturière russe subit un ralentissement marqué, confirmé par les données de 2025. La croissance du produit intérieur brut (PIB) n’a été que de 0,1 % au deuxième trimestre, après une contraction de 0,6 % au premier trimestre, ce qui correspond à une récession technique. Cette situation est directement liée à la politique de la Banque de Russie, qui maintient des taux d’intérêt élevés pour lutter contre une inflation qui a dépassé les 8 % en 2025.
Cependant, cette politique monétaire restrictive a un coût pour les entreprises. L’augmentation des coûts de l’emprunt les oblige à consacrer une part croissante de leurs bénéfices au remboursement des intérêts, au point où, mi-2025, ces dépenses représentent la moitié des investissements dans de nouvelles machines et équipements. Cette situation contribue à l’augmentation des arriérés de paiement entre les entreprises, signe d’une fragilité croissante du tissu économique.
Les banques russes, dont VTB, signalent une augmentation significative des prêts non performants, en hausse de 32 % depuis le début de l’année. L’accumulation de dettes et la baisse des revenus des entreprises accroissent le risque de déstabilisation du secteur bancaire, d’autant plus que les réserves financières de l’État diminuent progressivement. Selon les estimations, 32,5 % des entreprises pourraient être confrontées à des difficultés financières majeures d’ici 2026.
Dans ce contexte morose, le secteur de l’armement constitue une exception notable, affichant des résultats économiques en amélioration. Les autres industries sont confrontées aux effets combinés des sanctions internationales, de la baisse des prix du pétrole et de l’augmentation des coûts de production. Les prévisions pour les prochaines années ne sont guère plus encourageantes, anticipant un nouveau ralentissement de la croissance et une détérioration de la situation financière des entreprises.
