La prolifération des fausses nouvelles et de la désinformation n’est pas un phénomène nouveau, mais elle interroge sur les motivations de ceux qui les diffusent et sur la vulnérabilité de ceux qui y croient. Pourquoi un besoin irrépressible de semer le doute, voire la panique, en ligne ?
Selon les chercheurs en psychologie sociale, en sociologie et en communication, la diffusion de fausses informations peut être motivée par un désir de se sentir plus intelligent que les autres. Révéler une information que l’on présente comme exclusive et choquante, et qui échappe à la compréhension générale, procure un sentiment de supériorité. « Donner le sentiment d’être plus malin et d’avoir ce pouvoir de révéler sa vérité au monde pour pas un rond » est une gratification en soi, explique-t-on.
Et cet effet est amplifié lorsque la fausse nouvelle provoque une réaction émotionnelle forte, comme la peur, l’indignation ou la colère. Cette manipulation de l’opinion publique, voire la simple création de polémiques, peut s’avérer plus gratifiante pour certains que des activités traditionnelles. Comme le souligne l’auteur, il est plus facile de récolter la tempête que de semer le doute.
Ce doute, cependant, est une arme puissante. Il permet de décrédibiliser les institutions, la science et l’économie. Mais il est crucial, selon l’auteur, de ne pas toucher aux croyances fondamentales des individus.
La répétition joue également un rôle important dans la propagation de la désinformation. Comme l’avait déjà observé Émile Coué, pharmacien au début du XXe siècle, à force de répéter une affirmation, même fausse, elle finit par être perçue comme vraie. Un biais cognitif qui souligne la fragilité de notre perception de la réalité. L’auteur ironise à ce sujet : « À force de dire « comme le temps passe », il finit effectivement par passer. Si ça n’est pas une preuve ça ! »