Une série de tempêtes tropicales d’une intensité exceptionnelle frappe l’Asie de l’Est et l’Asie du Sud-Est, exacerbée par un phénomène El Niño que le UK Met Office qualifie de strongest in living memory
. Cette activité cyclonique intense perturbe les transports, submerge des villages et provoque des dizaines de victimes à travers la région.
Le Pacifique enregistre des températures de surface record
Le Pacifique, réchauffé par des températures de surface en hausse, alimente une énergie cyclonique considérable. Le mois dernier, les températures de la surface de la mer dans le Pacifique équatorial — surveillées par la Japan Meteorological Agency — ont atteint 4 °C au-dessus de la normale, surpassant le précédent record de 3,6 °C enregistré en décembre 1997 depuis le début des relevés en 1949.
Selon l’indice Accumulated Cyclone Energy (ACE), qui mesure l’intensité globale des tempêtes d’une saison, les lectures pour l’Asie du Sud-Est et l’Asie de l’Est devraient atteindre près du double de la moyenne sur 30 ans. Les modifications des régimes de vent entraînent la formation de typhons plus à l’est que d’habitude, prolongeant leur trajectoire au-dessus d’eaux chaudes.
Ce phénomène, caractérisé par des eaux du Pacifique anormalement chaudes, a survolté l’énergie des typhons et conduit à des prévisions d’intensité de tempête frôlant le double de la moyenne pour l’Asie du Sud-Est et l’Asie de l’Est. Les derniers mois ont entraîné des répercussions désastreuses, incluant des dizaines de décès, des destructions massives de cultures et d’importants dégâts matériels sur les infrastructures.
Taïwan et les Philippines subissent des impacts en série
L’impact de ces perturbations s’est fait ressentir tout au long de l’année. En octobre, le typhon Champi, doté de vents de 295 km/h comparables à un ouragan de catégorie 5, a frôlé Taïwan, provoquant des annulations de vols à Hong Kong, à Taïwan et au Japon, ainsi que des coupures de courant dans 15 000 foyers de l’archipel japonais d’Okinawa. D’autres tempêtes, telles que Mekkhala, Higos, Narra, Dolphin et Saudel, ont frappé la Chine, le Japon et les Philippines, entraînant des inondations et des évacuations massives.
Face à cette situation, Ana Liza Solis, responsable de la climatologie au bureau météorologique national des Philippines, a comparé l’océan Pacifique à quelqu’un qui burning with fever
et a averti qu’It can go into convulsions soon
, lors d’un point de presse tenu à Manille en septembre.
La Chine a demandé aux responsables locaux d’identifier les zones vulnérables tout en modernisant ses systèmes de surveillance et d’alerte. Les Philippines et leurs voisins d’Asie du Sud-Est se préparent à des perturbations de la production alimentaire, notamment pour le riz, et ont accru leur soutien aux agriculteurs, incluant la fourniture d’engrais.
Des simulations prévoient des précipitations accrues
Des simulations menées par des climatologues basés à Manille, étudiant les effets des températures plus élevées sur des tempêtes passées telles que le super typhon Haiyan de 2013, ont abouti à des résultats qualifiés par l’équipe de very, very scary findings
. Ces travaux indiquent que l’augmentation des températures pourrait accroître les précipitations totales cumulées de 26 %.
Les gouvernements de la région renforcent leurs dispositifs. Le Japon exhorte ses habitants à stocker des provisions et à sécuriser leur mobilier extérieur. La Chine met à niveau ses systèmes de surveillance et demande aux autorités locales d’identifier les zones vulnérables. De leur côté, les Philippines et leurs voisins accroissent leur soutien aux agriculteurs pour limiter les perturbations de la production de riz, tandis que l’épisode El Niño devrait se prolonger jusqu’en février ou mars.