Publié le 12 novembre 2025 à 05h00. L’Irak attend avec impatience les résultats des élections législatives de mardi, un scrutin marqué par une participation en hausse et une lutte acharnée entre les principaux blocs politiques chiites. Le décompte des voix est en cours et devrait permettre de désigner les 329 membres du Parlement.
- Le taux de participation aux élections a atteint 55 %, en forte hausse par rapport aux 41 % enregistrés en 2021.
- 7 744 candidats se sont présentés, représentant une diversité de partis et de blocs souvent marqués par des clivages confessionnels.
- La compétition se concentre principalement entre le bloc chiite dirigé par l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki et la coalition menée par l’actuel chef du gouvernement, Mohammed Shia Al-Sudani.
La Commission électorale suprême a annoncé qu’elle publierait les résultats officiels dans les 24 heures suivant la clôture du scrutin. Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures du matin (heure de Turquie) et ont fermé à 18 heures. Le vote s’est déroulé dans 18 des 19 provinces irakiennes, les habitants de la nouvelle province de Halabja ayant voté dans la circonscription de Sulaymaniyah.
Un quart des sièges parlementaires est réservé aux femmes, soulignant l’importance accordée à la représentation féminine dans la vie politique irakienne. Les enjeux de ces élections sont considérables, alors que le pays cherche à surmonter les divisions politiques et à répondre aux aspirations de sa population.
Les experts estiment qu’il pourrait être difficile pour Mohammed Shia Al-Sudani de conserver son poste de Premier ministre, en raison des profondes divergences au sein du Cadre de coordination chiite (SCC), le principal bloc chiite. Selon les estimations de Reuters, même en obtenant le plus grand nombre de sièges, il est peu probable que M. Al-Sudani obtienne la majorité absolue, ce qui pourrait prolonger les négociations post-électorales.
Le SCC, créé en 2021, avait nommé M. Al-Sudani Premier ministre en 2022. Parallèlement, le Parti du progrès, dirigé par le président du Parlement Mohammed Al Halbusi, représente la principale force politique sunnite et bénéficie d’un soutien important dans le nord et l’ouest du pays.
Du côté kurde, la compétition se joue entre le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et l’Union patriotique du Kurdistan, favorable à un renforcement des liens avec le gouvernement central de Bagdad. Selon des résultats non officiels rapportés par le média Rudaw, basé à Erbil, le PDK serait en tête dans la région du Kurdistan, suivi de l’Union patriotique du Kurdistan.
Il est à noter que le puissant religieux chiite Muqtada al-Sadr avait appelé ses partisans à boycotter les élections, ce qui pourrait avoir un impact sur la légitimité du nouveau Parlement.
À ne pas manquer
