À Saragosse, en Espagne, une femme enceinte de huit mois se retrouve à la rue, livrée à elle-même et confrontée à l’indifférence des services sociaux. Son témoignage poignant met en lumière un dysfonctionnement alarmant et soulève des questions urgentes sur le respect des droits fondamentaux.
Eli, c’est son nom, vit dans la rue depuis neuf mois, depuis le décès de son père, son unique soutien. Sans ressources et dans une situation de grande vulnérabilité, elle se bat pour assurer sa survie et celle de son futur enfant. Malgré son inscription auprès des services sociaux du quartier de Las Fuentes, l’aide promise tarde à se concrétiser. Pire, Eli affirme qu’une assistante sociale l’a avertie d’une possible séparation avec sa fille à la naissance.
« Je veux qu’on m’aide à rester avec ma fille, à travailler, à prendre soin d’elle, qu’elle soit avec moi. J’ai juste besoin de soutien, pas qu’on me l’enlève », confie-t-elle, le désespoir dans la voix.
Son histoire, pourtant recueillie par la presse lors d’un décompte des sans-abri, n’a jamais été publiée, la condamnant à l’invisibilité. Eli a sollicité l’aide de diverses organisations, mais n’a reçu qu’une carte de restaurant et une veste d’une auberge. Elle manque de tout : logement, suivi médical pour sa grossesse, vêtements pour son bébé, dont la naissance est imminente.
Le père de l’enfant, quant à lui, ne souhaite pas assumer ses responsabilités.
Cette situation constitue une tragédie sociale et une potentielle violation de la loi. La Constitution espagnole (article 47) reconnaît le droit à un logement décent, une obligation que la Mairie de Saragosse semble ignorer. De plus, la législation sur les services sociaux impose aux municipalités de prendre en charge les personnes en situation de vulnérabilité extrême, de leur fournir une aide d’urgence et de garantir leur dignité et leur intégrité.
À Saragosse, un cadre municipal de protection sociale prévoit des ressources d’accueil immédiates pour les sans-abri, une aide d’urgence et un plan global de prise en charge. En 2024, un tribunal a d’ailleurs contraint la municipalité de Badalona à fournir un hébergement à des personnes laissées à la rue, les jugeant « complètement impuissantes ».
L’histoire d’Eli n’est pas un cas isolé, mais le symptôme d’un échec structurel. Elle ne demande pas de privilèges, mais simplement la protection et l’humanité nécessaires pour élever son enfant dans des conditions dignes.
Des militants demandent désormais des mesures urgentes : un hébergement décent, un suivi prénatal adéquat, la garantie de ne pas être séparée de son enfant, un trousseau de naissance et le strict respect des obligations légales et sociales de la Mairie.
Eli accouchera dans quelques semaines. Il est impératif d’agir maintenant pour qu’elle et son nouveau-né ne commencent pas leur vie dans la rue, victimes de la négligence institutionnelle. Pour soutenir ce cas et d’autres situations similaires, vous pouvez contacter l’organisation Afroféminas à l’adresse [email protected].