Publié le 27 décembre 2025 à 13h55. L’explosion du nombre de motos dans la capitale mexicaine, si elle offre une solution à la congestion routière, s’accompagne d’une augmentation alarmante des accidents mortels, mettant en péril les conducteurs et surchargeant les hôpitaux.
- En cinq ans, le parc de motos immatriculées à Mexico a été multiplié par six.
- Les motocyclistes représentent désormais près de la moitié des décès survenus dans les accidents de la circulation.
- Seulement deux motos sur dix circulent avec une assurance, exposant les conducteurs à de graves difficultés financières en cas d’accident.
Le paysage sonore de Mexico a radicalement changé ces dernières années. Les klaxons des taxis et le grondement des camions ont cédé la place à un bourdonnement incessant de deux-roues se faufilant dans la circulation. Pour des milliers de personnes, la moto n’est plus un simple moyen de transport occasionnel, mais une nécessité pour contourner les embouteillages chroniques et les routes dégradées de la capitale.
Cette “explosion de la moto”, alimentée par la demande de services de livraison rapides et de déplacements efficaces, cache une réalité sombre. Le sentiment d’invulnérabilité ressenti par les motocyclistes lorsqu’ils se glissent entre les voitures se heurte à des infrastructures routières souvent en mauvais état et à un manque de formation adéquate chez de nombreux conducteurs.
Les chiffres du Secrétariat à la mobilité (Semovi) sont éloquents : le nombre de motos immatriculées à Mexico a augmenté de 600 % en seulement cinq ans. On est passé d’environ 19 000 en 2020 à plus de 135 000 en 2025. Mais le plus préoccupant n’est pas l’augmentation des ventes, mais la hausse spectaculaire des accidents impliquant des motocyclistes. Ces derniers représentent désormais près de la moitié de tous les décès survenus dans les accidents de la circulation, devenant le groupe le plus vulnérable, même plus que les piétons.
Le problème ne se limite pas au nombre croissant de motos. Les conditions dans lesquelles elles circulent aggravent la situation. Beaucoup de conducteurs se tournent vers la moto par nécessité, mais aussi par crainte des accidents qu’ils voient se produire quotidiennement. Bien que de nombreuses réglementations concernant les motocyclistes aient été modifiées, comme le montrent les évolutions dans l’État du Mexique, les accidents restent la principale cause de décès. Les dérapages, en particulier, ont connu une augmentation alarmante, représentant désormais 24 % des décès.
Cela suggère que de nombreux nouveaux conducteurs ne sont pas préparés à réagir à des imprévus tels qu’une plaque d’huile, une averse soudaine ou un nid-de-poule. À cela s’ajoute un manque de protection financière : seules deux motos sur dix circulent avec une assurance. En cas d’accident grave, le conducteur risque non seulement des blessures graves nécessitant des soins coûteux, mais également un désastre financier pour lui et sa famille, qui pourraient se retrouver incapables de faire face aux dépenses.
Les autorités ont identifié les zones les plus dangereuses, comme la Marina Nacional et le Circuito Interior, où se concentrent le plus grand nombre d’accidents. Elles ont donc renforcé la réglementation, rendant obligatoire le port d’un casque homologué, interdisant le transport d’enfants en bas âge et exigeant un permis spécifique attestant des compétences de conduite.
La moto est là pour rester, et son rôle devrait s’accentuer avec le développement de l’intelligence artificielle et du commerce numérique, qui nécessitent toujours plus de livreurs et de services de transport rapides. Le défi majeur aujourd’hui est de garantir que cette croissance ne se traduise pas par une augmentation des tragédies sur les routes. Il est essentiel de se rappeler que conduire prudemment, c’est bien plus que simplement accélérer : c’est porter un équipement de protection adéquat, respecter le code de la route et s’assurer que ses papiers et son assurance sont en règle. Pour en savoir plus sur les nouvelles règles de circulation dans l’État du Mexique, consultez ce lien.
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