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Enfants qui consomment plus d’aliments ultra-transformés développent une sensibilité accrue à la récompense

Des chercheurs de la Keck School of Medicine de l'USC ont découvert que les enfants consommant de grandes quantités d'aliments ultra-transformés présentent une réactivité accrue…

Enfants qui consomment plus d'aliments ultra-transformés développent une sensibilité accrue à la récompense

Des chercheurs de la Keck School of Medicine de l’USC ont découvert que les enfants consommant de grandes quantités d’aliments ultra-transformés présentent une réactivité accrue dans le striatum dorsal face aux images de nourriture, un mécanisme neurobiologique qui explique en grande partie leur prise de poids future.

Selon une étude prospective publiée dans le recueil numérique JAMA Network Open, les enfants de sept à dix ans qui absorbent régulièrement des aliments ultra-transformés développent une sensibilité accrue aux signaux alimentaires, ce qui se traduit par une augmentation de leur indice de masse corporelle un an plus tard.

Le cerveau des enfants réagit fortement aux produits industriels

Les travaux menés auprès d’un groupe de 46 enfants de poids sain s’inscrivent dans le cadre du projet au long cours BrainChild study. Au début de l’observation, l’équipe a enregistré les régimes alimentaires et réalisé des examens d’imagerie par résonance magnétique pendant que les participants examinaient des photographies de plats appétissants tels que des frites ou des biscuits.

Enfants qui consomment plus d'aliments ultra-transformés développent une sensibilité accrue à la récompense
Photo : News Medical

L’analyse des clichés a révélé des signaux d’oxygénation sanguine nettement plus élevés dans le striatum dorsal des enfants ayant les apports les plus importants en produits industriels. Cette zone cérébrale sous-corticale pilote la motivation, l’anticipation de la récompense et la formation des habitudes.

Kathleen A. Page a indiqué : « Le cerveau des enfants est encore en développement, les habitudes sont encore en train de se former et les préférences alimentaires sont encore en train de s’établir. C’est une période importante où le cerveau est très sensible à la nourriture et à l’environnement alimentaire. »

Ultra-Processed Foods and Kids' Brains: A Study of 46 Children #ultraprocessedfoods #research

La réactivité cérébrale entraîne une prise de masse grasse

Lorsque l’équipe a intégré la réactivité du striatum dorsal dans ses calculs statistiques, la corrélation entre les produits industriels et la hausse de l’indice de masse corporelle a baissé de 31 %. La diminution a atteint 44 % concernant l’augmentation du pourcentage de graisse corporelle, démontrant le rôle médiateur de ces circuits de motivation.

Kathleen A. Page a souligné : « Cette étude va au-delà de la simple compréhension du fait que les AUT affectent la prise de poids ; elle nous donne en fait un aperçu des fondements neurobiologiques par lesquels ces aliments peuvent être liés à la composition corporelle au fil du temps. »

L’accès difficile à des produits sains dans l’environnement moderne

Dans les pays industrialisés, ces formulations prêtes à l’emploi procurent plus de la moitié des apports énergétiques quotidiens. Riches en graisses saturées, en glucides raffinés et en additifs, elles possèdent une appétence élevée qui contourne les signaux naturels de satiété.

Les auteurs insistent sur le fait que la responsabilité ne doit pas reposer uniquement sur la vigilance des familles. Les denrées transformées restent souvent les plus abordables et les plus accessibles du marché.

Kathleen A. Page a déclaré : « Modifier l’environnement alimentaire pour aider les gens à accéder à des aliments plus sains et moins transformés est une partie importante de la solution. »

L’équipe de l’USC prépare des essais cliniques randomisés

L’approche observationnelle actuelle ne permet pas d’affirmer de manière formelle que la consommation de ces produits modifie directement l’activité cérébrale ou provoque la prise de poids. Pour confirmer un lien de cause à effet, l’équipe de l’USC prévoit d’organiser des essais d’intervention randomisés auprès de jeunes soumis à des régimes moins transformés.

D’autres experts soulignent que si les mécanismes cérébraux méritent d’être explorés, les bienfaits d’une alimentation riche en fruits, légumes frais et céréales complètes pour la santé cognitive font l’objet d’un consensus de longue date.

Suzanne Judd a expliqué : « Bien que nous ne puissions pas conclure de cette étude que limiter les AUT améliorerait la santé cérébrale, nous disposons de décennies de littérature démontrant qu’une plus grande consommation de légumes à feuilles vertes, de fruits aux couleurs vives, de céréales complètes et de sources de protéines maigres est bénéfique pour la santé du cerveau. »

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.