Publié le 8 octobre 2025 à 02h37. L’ancien président américain Donald Trump a estimé mardi qu’un accord pour mettre fin à la guerre à Gaza est possible, alors que des négociations indirectes entre Israël et le Hamas se déroulent en Égypte, sous l’égide d’un plan en vingt points proposé par Washington.
- Donald Trump se dit optimiste quant à la possibilité d’un accord de paix à Gaza.
- Les négociations portent sur le retrait progressif des forces israéliennes de Gaza et la libération d’otages.
- Des divergences subsistent concernant les exigences du Hamas et les concessions que pourrait faire Israël.
Des pourparlers indirects entre Israël et le Hamas, avec la participation de médiateurs américains, se tiennent actuellement à Charm el-Cheikh, en Égypte. L’ancien président américain Donald Trump a exprimé son optimisme quant à la perspective d’un accord, affirmant qu’il existe une « réelle opportunité » de parvenir à une résolution du conflit.
« Il existe une réelle opportunité de faire quelque chose »,
Donald Trump, ancien président américain
Selon le Wall Street Journal, plusieurs points de friction entravent les progrès des négociations. Parmi les principaux sujets de désaccord figurent les modalités du retrait progressif des forces israéliennes de la bande de Gaza et la question sensible de la libération des otages détenus par le Hamas.
Le Hamas détiendrait actuellement une vingtaine d’otages israéliens encore en vie, ainsi que les corps d’environ 28 autres. En libérant ces otages, le Hamas perdrait un levier de pression majeur sur Israël et chercherait donc à obtenir des concessions importantes en retour. Le groupe palestinien insiste notamment sur l’établissement d’un calendrier précis pour le retrait israélien de Gaza et sur la définition des zones où les forces israéliennes se retireront.
Le plan proposé par l’administration Trump inclut une carte des lignes de retrait, mais ne précise ni les emplacements exacts, ni les coordonnées. Le Hamas réclame des garanties plus concrètes et exige également la liberté de mouvement dans la bande de Gaza pour faciliter la récupération des otages et des corps.
Israël, de son côté, se montre réticent à assouplir la pression sur le Hamas, qu’il considère comme un ennemi affaibli et divisé suite à ses récentes avancées militaires. De plus, la carte de Trump ne prévoirait pas, dans une première phase, l’accès des Palestiniens à la frontière égyptienne, ce qui maintiendrait le blocus en vigueur et pourrait entraver la sortie de la bande de Gaza pour les personnes qui en auraient besoin.
L’Égypte exprime également des inquiétudes quant à la possibilité qu’Israël maintienne une présence militaire le long de la frontière.
Outre la question du retrait israélien, les négociations portent également sur la libération de prisonniers palestiniens. Le plan Trump prévoit la libération de 250 prisonniers palestiniens purgeant des peines à perpétuité en Israël, dont certains ont été condamnés pour des crimes liés à la mort de citoyens israéliens. Le Hamas souhaite obtenir la libération de figures emblématiques de la résistance palestinienne, comme Marwan Barghouti, arrêté par Israël en 2002 et condamné à cinq peines de prison à vie pour son rôle dans la seconde Intifada.
Le Hamas réclame également la restitution des corps de ses anciens dirigeants à Gaza, une demande à laquelle Israël a déjà refusé.
Malgré les obstacles, les négociations semblent progresser. Israël, les États-Unis et le Hamas ont dépêché leurs représentants les plus influents à Charm el-Cheikh. La délégation israélienne est dirigée par le ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, tandis que l’administration Trump est représentée par son gendre, Jared Kushner, et l’envoyé spécial Steve Witkoff. Le Hamas est représenté par Khalil al-Hayya et Muhammad Darwish, deux responsables qui ont survécu à une attaque israélienne au Qatar le mois dernier.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdel-Ati, a annoncé que la délégation américaine, dirigée par Witkoff, rejoindra les négociations mercredi. Le Premier ministre qatari, Mohammed bin Abdul Rahman Al Thani, devrait également participer aux discussions mercredi en Égypte, tandis que le chef des services de renseignement turcs, Ibrahim Kalin, dirigera une délégation turque aux négociations.
Selon les médiateurs et les diplomates qui suivent de près les pourparlers, la pression exercée par Donald Trump pourrait donner à ce cycle de négociations de meilleures chances de succès que les précédentes tentatives, qui ont échoué depuis l’effondrement de la dernière trêve à Gaza en mars.
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