La Cour suprême de justice du Mexique (SCJN) doit se prononcer dans les prochains mois sur deux affaires commerciales majeures impliquant des sommes considérables : des litiges opposant Google et Samsung aux autorités mexicaines. Ces décisions pourraient établir des précédents juridiques importants, tant pour le Mexique que pour d’autres pays.
L’une des affaires concerne une demande d’indemnisation pour préjudice moral déposée par l’avocat Ulrich Richter Morales contre Google, pour un montant potentiel de 5 milliards de pesos (environ 275 millions d’euros). L’avocat accuse le géant américain d’avoir permis la création et la diffusion d’un blog diffamatoire, intitulé « Ulrich Richter Morales et ses saletés envers la patrie », le reliant à des activités criminelles telles que le trafic de drogue et le blanchiment d’argent, sans preuve aucune.
En première instance, la juge Judith Cova Castillo avait condamné Google Inc. à verser 2 milliards de pesos (environ 110 millions d’euros) pour préjudice moral. La décision a été portée à 5 milliards de pesos en appel par la Huitième Chambre civile du Tribunal supérieur de justice de Mexico (TSJ-CDMX), qui a également identifié l’auteur du blog comme Alejandro Gutiérrez Torres. Google Mexique a été exclu de l’affaire, la filiale n’étant pas jugée responsable du contenu diffusé. Google conteste cette décision, arguant qu’elle porte atteinte à la liberté d’expression.
La SCJN a été saisie de l’affaire en mai 2023. Le dossier a été initialement confié à l’ancien magistrat Alfredo Gutiérrez Ortiz Mena, mais celui-ci s’est vu retirer le dossier suite à une demande de récusation de l’avocat Richter. Le nouveau président de la Cour, Hugo Aguilar, a désormais la charge d’examiner l’affaire et de proposer une sentence.
Parallèlement, Samsung est en conflit avec le Service d’administration fiscale (SAT) pour un montant de 6,714 milliards de pesos (environ 370 millions d’euros). Le litige porte sur la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) non payée entre 2019 et 2023, et est lié au programme de l’industrie manufacturière, des maquiladoras et des services d’exportation (IMMEX). Le SAT estime que Samsung a abusé du mécanisme d'”exportation virtuelle” permis par le programme IMMEX, qui permet aux entreprises d’importer temporairement des intrants sans payer de TVA, à condition que le produit fini soit exporté.
Le SAT soutient que, dans le cadre de ce système, les marchandises restent physiquement au Mexique et devraient donc être soumises à la TVA, et même à une double imposition si elles sont transférées à une autre entreprise de la chaîne de production. Samsung rejette cette interprétation, arguant que les opérations sont purement documentaires et ne justifient pas l’application de la TVA, ce qui affecterait la compétitivité de l’entreprise.
La décision de la SCJN dans cette affaire pourrait avoir des conséquences importantes sur le fonctionnement du programme IMMEX, un pilier du secteur de l’exportation mexicain.
En outre, la Cour examinera également d’autres questions constitutionnelles, notamment la légalité de la détention préventive informelle, la distinction entre le salaire minimum et les unités de mesure de mise à jour (UMA) pour le calcul des indemnités de licenciement, et la consultation préalable des personnes handicapées.
À lire aussi
- I blindfolded my colleagues and made them listen to Bluetooth speakers from JBL, Bose, IKEA
- Galaxy Z Fold8 Pre-Sales Double, 1030 Generation Fuels Record Demand
- Samsung officialise le Galaxy Z Fold 8 au format passeport (nouvelles-du-monde.com)
- Retrait des troupes, désarmement… Ce que l’on sait de l’accord entre Israël et le Hamas (lederniereheure.com)
