Publié le 23 novembre 2025 20h43. Les nouvelles recommandations de la Société européenne d’études cliniques sur le sida (EACS) pour 2025 marquent une évolution significative dans la prise en charge du VIH, avec un accent accru sur les besoins individuels des patients et la gestion des maladies associées.
- Les traitements antirétroviraux (TAR) à action prolongée, notamment les injections, offrent une plus grande liberté aux patients et simplifient l’observance thérapeutique.
- L’importance croissante des comorbidités, telles que les maladies cardiovasculaires et métaboliques, reflète le vieillissement de la population vivant avec le VIH et la nécessité d’une approche globale de la santé.
- Une approche centrée sur le patient, intégrant les résultats rapportés par les patients et la prise de décision partagée, est désormais au cœur des recommandations.
Les directives mises à jour de l’EACS pour 2025 représentent un tournant dans la prise en charge du VIH en Europe. Elles intègrent des avancées majeures concernant l’initiation du traitement antirétroviral, les thérapies à action prolongée et la gestion des comorbidités, témoignant d’une évolution vers des soins plus personnalisés et adaptés aux réalités des patients.
Selon les experts, les changements les plus notables concernent l’essor des thérapies à action prolongée. « Nous disposons désormais de recommandations plus claires et plus pratiques sur le traitement et la prévention injectables, y compris comment gérer les doses oubliées, comment gérer les interactions avec les hormones d’affirmation de genre ou les substances associées au chemsex, et comment soutenir les personnes qui voyagent fréquemment ou ont des horaires imprévisibles », explique un spécialiste. Ces nouvelles options thérapeutiques libèrent de nombreux patients du fardeau des traitements quotidiens, un changement perçu comme majeur.
Parallèlement, l’accent mis sur les comorbidités est considéré comme tout aussi important. La population vivant avec le VIH vieillit, et les nouvelles directives reflètent cette réalité en abordant de manière approfondie des questions telles que la prévention cardiovasculaire, la stéatose hépatique non alcoolique liée au dysfonctionnement métabolique, les troubles du sommeil, la fragilité, la ménopause, la santé cognitive, l’obésité et les problèmes métaboliques. Ce changement marque un passage d’un modèle centré sur le virus à un modèle centré sur la personne, une orientation jugée essentielle pour l’avenir des soins du VIH.
L’évolution vers des soins centrés sur le patient est également soulignée par l’importance accordée aux résultats rapportés par les patients et à la prise de décision partagée. « Les marqueurs cliniques nous disent si le virus est contrôlé, mais ils ne nous disent pas si une personne dort bien, si elle lutte contre la stigmatisation, si elle se sent en sécurité dans ses relations ou si elle a des craintes face au vieillissement », souligne un expert. L’intégration de la voix du patient permet une approche plus holistique et personnalisée.
Les nouvelles recommandations reconnaissent également l’importance de l’inclusivité, avec des orientations spécifiques sur les thérapies d’affirmation de genre, le chemsex et divers contextes de prévention. Cette approche témoigne de l’engagement de l’EACS à répondre aux réalités et à la diversité des personnes vivant avec le VIH aujourd’hui. Les conseils de prévention englobent également la diversité, de la PrEP à action prolongée à la gestion actualisée des infections sexuellement transmissibles, en passant par des recommandations plus nuancées pour les personnes atteintes d’hépatite B.
La mise en œuvre de ces nouvelles directives nécessitera une collaboration étroite entre les spécialistes du VIH et d’autres disciplines médicales, telles que la cardiologie, l’endocrinologie, l’hépatologie, la psychiatrie et la gériatrie. Il est essentiel d’établir des voies d’orientation claires, d’assurer une communication rapide et de respecter l’expertise de chaque spécialiste. L’objectif est de coordonner les soins afin d’éviter la fragmentation et d’offrir aux patients une prise en charge globale et cohérente.
Enfin, l’EACS prévoit de faire évoluer ses directives de manière continue, en intégrant de nouvelles preuves au fur et à mesure de leur apparition et en tenant compte des besoins spécifiques des différentes régions d’Europe. L’objectif ultime est de créer des recommandations scientifiquement rigoureuses, cliniquement utiles et profondément ancrées dans les besoins des personnes concernées.
Source : Journal médical européen