Home SantéÉpidémiologie moléculaire et séroépidémiologie de l’infection par le virus Oz chez les tiques et les sangliers dans la préfecture d’Ibaraki, Japon

Épidémiologie moléculaire et séroépidémiologie de l’infection par le virus Oz chez les tiques et les sangliers dans la préfecture d’Ibaraki, Japon

by Sophie Martin

Publié le 22 octobre 2025 à 14h35. Un virus émergent, le virus Oz (OZV), circule activement chez les sangliers et les tiques dans la préfecture d’Ibaraki au Japon, suscitant des inquiétudes quant à un potentiel risque de transmission à l’homme, notamment en raison de la proximité de la région métropolitaine de Tokyo.

  • Des chercheurs ont détecté l’ARN du virus Oz dans une tique du genre Amblyomma et dans un échantillon de sang de sanglier prélevé dans la préfecture d’Ibaraki.
  • Des analyses sérologiques suggèrent que le virus Oz est présent dans la région depuis au moins 2019, avec une concentration plus élevée dans les zones montagneuses.
  • Bien qu’un seul cas humain suspecté ait été signalé, les scientifiques insistent sur la nécessité d’une surveillance accrue et de tests diagnostiques pour évaluer le risque réel d’infection humaine.

Le virus Oz (OZV) est un virus à ARN émergent appartenant à la famille des Orthomyxoviridés et au genre Thogotovirus. Son génome est composé de six segments d’ARN simple brin, d’une longueur d’environ 10,6 kb. Il a été identifié pour la première fois en 2013 dans des tiques Amblyomma thyroïde collectées dans la préfecture d’Ehime, au Japon. Des études sérologiques menées sur des animaux sauvages, tels que les macaques japonais (Macaque Fuscata), les sangliers japonais (Sus scrofa leucomystax), le cerf sika (Cervus nippon) et l’ours noir d’Asie (Ursus tibétanus), indiquent une distribution du virus dans certaines régions du Japon.

Jusqu’à présent, les connaissances sur les conséquences cliniques d’une infection par l’OZV restent limitées. Cependant, une étude sérologique réalisée auprès de chasseurs dans la préfecture de Yamaguchi a révélé que deux personnes sur 24 présentaient des anticorps contre le virus, détectés par un test de neutralisation de réduction de plaque. Plus récemment, au début de l’été 2022, un décès suspecté d’être lié à une infection par l’OZV a été signalé dans la préfecture d’Ibaraki. Cette information, bien que nécessitant confirmation, souligne le potentiel pathogène et la dangerosité possible du virus pour l’homme.

La préfecture d’Ibaraki, située au nord-est de la région de Kanto et à proximité de l’agglomération densément peuplée de Tokyo, représente un point de vigilance particulier. Une propagation de maladies infectieuses dans cette région pourrait avoir des répercussions sur la santé publique de l’ensemble de la région métropolitaine. Les chercheurs ont mené une enquête sérologique sur les animaux de compagnie (chiens et chats) en 2025, mais tous les tests se sont révélés négatifs. L’étude actuelle, menée en 2023, visait à déterminer l’épidémiologie moléculaire de l’OZV chez différentes espèces de tiques et à évaluer la prévalence du virus chez les sangliers dans la préfecture d’Ibaraki.

Les résultats de cette étude confirment la présence du virus Oz dans l’environnement naturel d’Ibaraki. L’ARN du virus a été détecté dans une tique Amblyomma bouclier et dans un échantillon de sang de sanglier, démontrant pour la première fois sa circulation dans cette préfecture. L’analyse séro-épidémiologique des sangliers suggère que le virus est actif dans la région depuis 2019, avec une concentration particulièrement élevée dans les zones montagneuses du centre-ouest de la préfecture, identifiées comme des points chauds potentiels d’infection. Ces données suggèrent que l’OZV pourrait être maintenu dans un cycle de transmission impliquant les tiques et les sangliers, et qu’il pourrait potentiellement être transmis à l’homme.

Les souches d’OZV détectées chez la tique et le sanglier présentent une identité nucléotidique à 100 %, ce qui indique la circulation d’une seule lignée virale dans la région. De plus, ces souches sont identiques à une souche virale d’origine humaine, ce qui suggère que le virus circulant dans la nature est capable d’infecter les humains. Les analyses génétiques révèlent également que les souches d’Ibaraki sont distinctes de la souche EH-8 isolée initialement dans la préfecture d’Ehime, témoignant de la diversité génétique du virus Oz au Japon.

Les chercheurs soulignent l’importance de poursuivre les investigations séro-épidémiologiques auprès de la population humaine afin d’évaluer plus précisément le risque d’infection et d’adapter les stratégies de surveillance et de prévention. Des tests diagnostiques devraient être envisagés pour les patients présentant des symptômes évocateurs de maladies transmises par les tiques ou de myocardite inexpliquée. Les maladies transmises par les tiques représentent un enjeu de santé publique croissant à l’échelle mondiale.

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