La course à la mairie de New York a été chamboulée dimanche avec l’annonce surprise du maire Eric Adams, qui met fin à sa campagne de réélection à cinq semaines du scrutin. Cette décision intervient alors que les sondages le plaçaient loin derrière ses concurrents et qu’il était confronté à des difficultés de financement.
Dans une allocution diffusée en ligne, M. Adams a pointé du doigt les spéculations médiatiques et le refus de son équipe de campagne de lui allouer des fonds supplémentaires comme principaux facteurs de son retrait. Il a également lancé des avertissements implicites à l’encontre de ses rivaux, appelant les électeurs à la prudence face à ceux qui proposent des «agendas radicaux et diviseurs». Il a notamment mis en garde contre les «forces insidieuses» cherchant à utiliser la politique locale pour faire avancer des projets nuisibles aux New-Yorkais.
«Trop souvent, des forces insidieuses utilisent le gouvernement local pour faire progresser des agendas de division, sans se soucier des conséquences pour les New-Yorkais de tous les jours. Le changement est le bienvenu et nécessaire, mais méfiez-vous de ceux qui prétendent que la solution est de détruire les systèmes que nous avons construits ensemble au fil des générations. Ce n’est pas un changement, c’est le chaos», a-t-il déclaré.
Zohran Mamdani, candidat démocrate et actuel favori des sondages, a réagi en affirmant que les New-Yorkais méritaient mieux que «d’échanger un politicien discrédité et corrompu pour un autre».
«Donald Trump et ses donateurs milliardaires pourraient bien influencer les actions d’Eric Adams et d’Andrew Cuomo, mais ils ne dicteront pas l’issue de cette élection. New York mérite mieux que de négocier un politicien corrompu en disgrâce pour un autre», a-t-il ajouté.
Les sondages récents plaçaient M. Adams en quatrième position, loin derrière M. Mamdani (45% des intentions de vote), l’ancien gouverneur de New York Andrew Cuomo (24%), et le candidat républicain Curtis Sliwa (17%), M. Adams n’obtenant que 9% des voix. Il est probable que les électeurs qui envisageaient de voter pour M. Adams se tourneront désormais vers M. Cuomo, renforçant potentiellement sa campagne.
Selon des informations du New York Post, l’ancien président Donald Trump aurait conditionné une éventuelle offre de poste à M. Adams au retrait de la course de M. Sliwa, suggérant une volonté de concentrer les votes contre M. Mamdani.
La campagne de M. Sliwa a immédiatement saisi l’occasion, affirmant qu’il était le seul candidat capable de vaincre M. Mamdani. «Curtis Sliwa est le seul candidat qui peut vaincre Mamdani. Notre équipe, nos ressources et notre financement sont inégalés. Plus important encore, nous avons les meilleures solutions pour aider les travailleurs à se permettre de vivre et de se sentir en sécurité à New York», a déclaré Daniel Kurnyna, porte-parole de la campagne.
Malgré un possible report de voix en faveur de M. Cuomo, l’ancien gouverneur devra surmonter un écart significatif pour rattraper M. Mamdani, qui conserve une avance confortable dans les sondages, même en tenant compte des anciens partisans de M. Adams.
M. Adams restera sur les bulletins de vote, la date limite pour se retirer de la course étant déjà passée. Il a cependant assuré qu’il continuerait à se battre pour la ville, même après la fin de sa campagne. «Bien que ce soit la fin de ma campagne de réélection, ce n’est pas la fin de mon service public. Je continuerai de me battre pour cette ville – comme je l’ai fait pendant 40 ans, depuis le jour où j’ai rejoint le NYPD pour rendre nos rues plus sûres et nos systèmes plus équitables», a-t-il conclu. «La quête de la justice est loin d’être terminée. L’inégalité persiste. Les innocents souffrent toujours. Les New-Yorkais méritent mieux chaque jour, et jusqu’au dernier jour de mon mandat, je me battrai pour cela.»
