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Escalade malgré le cessez-le-feu à Gaza

by Clara Dubois

Publié le 19 octobre 2025 à 17h46. Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, des soldats israéliens ont été tués dans la bande de Gaza, relançant les tensions et suscitant une riposte militaire israélienne massive, ainsi qu’une suspension temporaire de l’aide humanitaire.

  • Deux soldats israéliens ont été tués et trois blessés dans une attaque dimanche matin dans le sud de la bande de Gaza.
  • Israël a répliqué par des frappes aériennes sur plusieurs cibles dans la bande de Gaza, faisant au moins 33 morts, selon les médias.
  • La situation à Gaza reste extrêmement fragile, exacerbée par la présence de nombreuses milices armées et l’effondrement de l’ordre public.

L’accalmie fragile qui régnait depuis la conclusion d’un cessez-le-feu négocié, notamment par les États-Unis, est désormais menacée. L’attaque, survenue dans une zone où l’armée israélienne était déployée conformément aux accords, a provoqué une escalade rapide de la violence. Selon un responsable militaire israélien, la probabilité que les assaillants soient des membres du Hamas est de « 99,9 % ». En réponse à ce qu’elle qualifie de « violation flagrante » du cessez-le-feu, Israël a lancé des frappes aériennes et tiré plus de 120 projectiles sur la bande de Gaza.

Israël a également brièvement interrompu toutes les livraisons d’aide humanitaire à Gaza, avant de les reprendre lundi, selon les médias israéliens. L’armée israélienne a annoncé qu’elle renforcerait le cessez-le-feu, tout en se réservant le droit de réagir avec force à toute nouvelle violation.

Le Hamas affirme ne pas être à l’origine de l’attaque contre les soldats israéliens et nie toute implication. Des médias affiliés au Hamas évoquent la possibilité d’une opération menée par des commandos contre des collaborateurs présumés, ciblant notamment le chef d’une milice soutenue par Israël, Yasir Abu Shabab, près de Rafah. Ces informations n’ont pu être vérifiées de manière indépendante.

Cet incident met en lumière la complexité de la situation à Gaza, où la présence israélienne se combine à un effondrement de l’ordre public. Au cours des derniers mois, de nombreux groupes armés et milices se sont formés, certains bénéficiant du soutien d’Israël, comme les combattants du Shabab à Rafah. Un officier israélien a évoqué l’idée de construire des alternatives au Hamas, une stratégie qui s’inscrit dans le cadre du cessez-le-feu, sans toutefois fournir de détails supplémentaires.

Certains de ces groupes sont des gangs criminels impliqués dans le vol d’aide humanitaire, tandis que d’autres sont liés à des clans familiaux influents opposés au Hamas, comme le clan Dogmush. Ces clans, proches du mouvement Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, entretiennent des rancunes envers les islamistes depuis qu’ils ont été chassés de Gaza lors d’une guerre civile en 2007.

Le Hamas réprime sévèrement toute dissidence, menant des opérations de ratissage dans les quartiers hostiles et exécutant des personnes soupçonnées d’être des traîtres ou des criminels. Ahmed Abdel Hadi, un cadre du Hamas, a déclaré à Beyrouth : « Nous avons mené notre opération en consultation avec les chefs tribaux à Gaza pour rétablir l’ordre ». Cette action brutale vise également à affirmer la domination du Hamas à Gaza, même après la fin des combats.

Initialement, le groupe islamiste pouvait compter sur le soutien de l’administration Trump dans sa volonté de rétablir l’ordre à Gaza. Le président américain avait déclaré qu’il n’avait aucun problème avec cela, affirmant : « Ce sont de mauvaises personnes ». Cependant, face aux images de violence à Gaza, il a nuancé sa position, déclarant ce week-end que le Hamas ne devrait plus tolérer le meurtre de civils palestiniens. « S’ils continuent à faire cela, nous n’aurons d’autre choix que d’aller les tuer. »

Au lieu de désamorcer la situation, l’armée de l’air israélienne a intensifié ses frappes contre les combattants du Hamas. La situation à Gaza reste donc préoccupante. Le poste frontière de Rafah, principal point d’entrée de l’aide humanitaire, est actuellement fermé, et l’avenir des négociations concernant le statut de Gaza demeure incertain.

Le plan initial de Trump prévoyait le déploiement d’une force de protection internationale pour assurer l’ordre à Gaza et la mise en place d’un gouvernement technocratique. Cependant, l’identité des responsables qui dirigeraient ces institutions reste floue. Les détails précis de la phase 2 du plan doivent encore être négociés. Le vice-président américain J.D. Vance et l’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, sont attendus mardi en Israël pour des entretiens.

Des jours difficiles attendent les États-Unis. Même si l’accord prévoit le désarmement du Hamas, il est incertain que les islamistes armés y adhéreront. Des représentants du Hamas à Beyrouth ont déclaré qu’ils ne discuteraient de l’abandon des armes qu’à certaines conditions, notamment l’autonomie palestinienne dans la bande de Gaza.

La question centrale est de savoir si Israël acceptera ces conditions. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sous la pression de ses partenaires d’extrême droite, a réaffirmé à plusieurs reprises son opposition à la participation de l’Autorité palestinienne. L’identité d’un éventuel remplaçant palestinien reste incertaine.

Il existe donc un risque que Gaza se retrouve dans une situation de statu quo précaire, sans guerre ouverte, mais sans paix durable. Un paysage de décombres où les escouades du Hamas traquent leurs ennemis, où la reconstruction est impossible et où Israël continue de mener des frappes aériennes à volonté. Le gouvernement israélien a d’ailleurs annoncé dimanche un nouveau nom pour la guerre à Gaza : « Guerre de la Renaissance ».

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