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ESSAI : Laissez-les manger de l’Ozempic

Publié le 7 novembre 2025 à 15h45. Alors qu’Elon Musk s’apprête à devenir le premier milliardaire de l’histoire, les inégalités criantes aux États-Unis sont mises en lumière par la précarité alimentaire de millions d’Américains, illustrée par des réductions…

ESSAI : Laissez-les manger de l’Ozempic

Publié le 7 novembre 2025 à 15h45. Alors qu’Elon Musk s’apprête à devenir le premier milliardaire de l’histoire, les inégalités criantes aux États-Unis sont mises en lumière par la précarité alimentaire de millions d’Américains, illustrée par des réductions drastiques des allocations sociales.

  • Elon Musk est sur le point de devenir le premier milliardaire au monde grâce à une récente approbation de son plan de rémunération.
  • Des réductions des bons alimentaires (SNAP) affectent gravement les populations vulnérables, comme en Virginie-Occidentale.
  • Le président Trump a récemment promu des médicaments contre l’obésité, suscitant des critiques sur la pertinence de cette initiative face à la crise alimentaire.

La semaine a été marquée par un contraste saisissant : d’un côté, l’ascension fulgurante d’Elon Musk vers le statut de milliardaire, et de l’autre, la réalité quotidienne de millions d’Américains luttant pour se nourrir. Le New York Times a récemment envoyé une équipe en Virginie-Occidentale pour enquêter sur les conséquences des coupes budgétaires affectant le programme SNAP (Supplemental Nutrition Assistance Program), l’équivalent américain des allocations alimentaires. L’histoire d’une femme qui ne disposait plus que de 12 cents sur son compte bancaire au début du mois illustre la gravité de la situation.

Selon le journal, cette femme recevait habituellement 780 $ par mois grâce au programme SNAP. La réduction de ces aides l’oblige à renoncer à une alimentation équilibrée et à se tourner vers des produits moins chers, comme les nouilles ramen.

« Avec les avantages SNAP, nous pouvons nous permettre de préparer un bon repas du Sud, comme du poulet frit, des haricots verts, de la purée de pommes de terre, toutes les bonnes choses, des petits pains, tout ça. Mais sans, c’est plutôt des hot-dogs, des nouilles ramen et des trucs comme ça. Et ce n’est tout simplement pas sain. Ce n’est vraiment pas le cas. »

Habitant de Virginie-Occidentale, cité par le New York Times

Cette situation paradoxale met en lumière les contradictions de la politique américaine, où un immigrant sud-africain prospère grâce à des contrats gouvernementaux tandis que des citoyens américains de longue date peinent à satisfaire leurs besoins fondamentaux.

Parallèlement, le président Trump a récemment annoncé une initiative visant à réduire le coût de médicaments comme l’Ozempic, utilisés pour lutter contre l’obésité. Lors d’une intervention à la Maison Blanche, il a même interrogé certains de ses collaborateurs sur leur consommation de ces médicaments, suscitant des réactions contrastées.

Cette approche, typique du style de Trump, vise à créer un moment fort et à s’attribuer le mérite d’une solution concrète aux problèmes de santé publique. Cependant, elle est critiquée pour son caractère opportuniste, alors que les allocations alimentaires sont réduites, aggravant ainsi la situation des plus démunis.

L’élection de Zohran Mamdani, un immigrant socialiste démocrate musulman, au poste de maire de New York, est également perçue comme un signe de changement. Selon certains observateurs, Trump est même jaloux de la popularité de Mamdani, notamment auprès des électeurs soucieux du coût de la vie.

Mamdani a fondé sa campagne sur la question de l’abordabilité, un enjeu central pour de nombreux Américains. Il a mis en avant l’idée de se permettre non seulement de survivre, mais aussi de rêver, de construire un avenir meilleur. Il s’agit, selon lui, d’un droit fondamental, et non d’un luxe.

La capacité de subvenir à ses besoins fondamentaux est devenue un enjeu majeur, mais certains s’inquiètent de voir cette question devenir le seul objectif, reléguant au second plan des aspirations plus élevées. La survie ne doit pas être une fin en soi, mais un point de départ pour une vie digne et épanouissante.

Dans un pays où la richesse est de plus en plus concentrée entre les mains d’une minorité, il est essentiel de ne pas se contenter de garantir l’accès aux nécessités de base, mais de créer une société où chacun a la possibilité de réaliser son potentiel.

Photo : Saul Loeb/AFP/Getty

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.