Publié le 2024-05-03 14:35:00. Le Venezuela a dénoncé ce vendredi une « agression militaire » imputée aux États-Unis, après des incidents signalés dans plusieurs régions du pays, poussant le président Nicolás Maduro à décréter l’état d’urgence et à appeler à la mobilisation nationale.
- Le gouvernement vénézuélien accuse les États-Unis d’avoir mené une « agression militaire extrêmement grave » contre Caracas et d’autres États.
- Des témoins rapportent avoir entendu des explosions et vu de la fumée au-dessus de la capitale, tandis que des coupures de courant ont été signalées.
- Le président américain Donald Trump a régulièrement menacé d’intervenir militairement au Venezuela et a récemment fait pression sur Maduro pour qu’il quitte le pouvoir.
Le Venezuela a fermement condamné ce qu’il qualifie d’« agression militaire » des États-Unis, affirmant que celle-ci visait son territoire et sa population. Dans un communiqué officiel, le gouvernement de Nicolás Maduro a déclaré rejeter et dénoncer cette action devant la communauté internationale. Selon les autorités vénézuéliennes, les incidents se sont produits dans la capitale, Caracas, ainsi que dans les États de Miranda, Aragua et La Guaira.
Des témoins oculaires à Caracas ont rapporté avoir entendu des bruits d’avions et des explosions dans la nuit de jeudi à vendredi, vers 2 heures du matin (heure locale). Une colonne de fumée était visible dans le ciel, et des coupures de courant ont affecté le sud de la capitale, à proximité d’une importante base militaire. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux semblent confirmer ces informations, bien que leur authenticité n’ait pas pu être vérifiée de manière indépendante par Reuters.
La tension entre les États-Unis et le Venezuela s’est intensifiée ces derniers mois. Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises évoqué la possibilité d’une intervention militaire au Venezuela, sans toutefois préciser ses objectifs. Il aurait également exercé des pressions privées sur Nicolás Maduro pour qu’il démissionne, selon des sources proches du dossier. Lundi, Trump avait déclaré qu’il serait « intelligent » pour Maduro de quitter le pouvoir.
Un responsable américain, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a confirmé que les États-Unis menaient des opérations militaires à l’intérieur du Venezuela, sans fournir de détails supplémentaires. Le Pentagone n’a pas immédiatement réagi à ces affirmations. Il est à noter que les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans la région des Caraïbes, notamment avec le déploiement d’un porte-avions, de navires de guerre et d’avions de combat.
Les actions américaines à l’encontre du Venezuela ne se limitent pas à des menaces militaires. Trump a annoncé un « blocus » du pétrole vénézuélien et a imposé des sanctions économiques sévères. Son administration a également intensifié ses efforts pour lutter contre le trafic de drogue en provenance d’Amérique du Sud, en ciblant des navires soupçonnés de transporter des stupéfiants dans l’océan Pacifique et la mer des Caraïbes. La semaine dernière, Trump a affirmé que les États-Unis avaient « frappé » une zone du Venezuela utilisée pour le chargement de drogue, marquant une première incursion militaire directe sur le territoire vénézuélien depuis le début de cette campagne de pression. L’implication de la CIA dans ces opérations a été suggérée par certains médias.
Les États-Unis accusent le Venezuela d’inonder le marché américain de drogue, une allégation que le gouvernement de Maduro nie fermement. De nombreuses organisations internationales ont condamné les actions américaines contre des navires soupçonnés de trafic de drogue, les qualifiant d’« exécutions extrajudiciaires ».
