Home SantéÉtude GALAXY : ADNc postopératoire comme biomarqueur pronostique et prédictif dans le cancer rectal de stade II à III

Étude GALAXY : ADNc postopératoire comme biomarqueur pronostique et prédictif dans le cancer rectal de stade II à III

by Sophie Martin

Publié le 6 janvier 2026 10:59:00. Une nouvelle analyse prospective japonaise suggère que la détection de l’ADN tumoral circulant (ADNc) après une intervention chirurgicale pour un cancer du rectum pourrait prédire le risque de récidive et aider à déterminer quels patients bénéficieraient le plus d’une chimiothérapie complémentaire.

  • La présence d’ADNc après la chirurgie est fortement corrélée à un risque accru de récidive.
  • Les patients sans ADNc détectable après la chirurgie ne semblent pas tirer de bénéfice significatif d’une chimiothérapie adjuvante.
  • Le suivi régulier de l’ADNc pourrait permettre de détecter une récidive moléculaire avant qu’elle ne soit visible à l’imagerie médicale.

Dans le traitement du cancer colorectal, l’analyse de l’ADN tumoral circulant (ADNc), également appelée maladie résiduelle moléculaire (MRM), s’impose comme un outil prometteur pour évaluer le risque de récidive. Cependant, la plupart des données disponibles concernant le cancer du rectum proviennent d’études menées sur des patients ayant reçu une chimiothérapie néoadjuvante, ce qui rend l’interprétation des résultats plus complexe. Une nouvelle étude japonaise, intégrée à la cohorte prospective GALAXY (plateforme CIRCULATE Japan), a cherché à répondre à une question plus simple : chez les patients atteints d’un cancer du rectum de stade II ou III ayant subi une intervention chirurgicale initiale, l’ADNc postopératoire peut-il prédire le risque de récidive et identifier ceux qui pourraient bénéficier d’une chimiothérapie adjuvante (ACT) ?

L’étude a porté sur 250 patients atteints d’un cancer du rectum pathologique de stade II à III, traités par chirurgie curative (R0) et pour lesquels des tests ADNc postopératoires étaient disponibles. L’ADNc a été évalué à l’aide de Signatera, un test PCR-NGS personnalisé basé sur le séquençage tumoral et normal de chaque patient. Un échantillon de plasma était considéré comme positif si au moins deux variantes spécifiques à la tumeur étaient détectées au-dessus d’un seuil prédéfini. Des prélèvements sanguins ont été effectués à intervalles réguliers après l’opération, notamment entre 2 et 10 semaines après l’intervention (avant le début d’une éventuelle chimiothérapie adjuvante), puis à environ 3 et 6 mois, avec un suivi continu sur une période définie.

Les résultats de l’étude sont significatifs. La présence d’ADNc dans le plasma sanguin après la chirurgie s’est avérée être un facteur déterminant du risque de récidive et de l’efficacité du traitement. Seuls 14,2 % des patients étaient positifs à l’ADNc dans la fenêtre de temps initiale (2 à 10 semaines), mais ce sous-groupe a présenté une survie sans maladie (DFS) considérablement plus courte que les patients négatifs (HR 9,96, IC à 95 % 5,76-17,2 ; P < 0,0001). La DFS à 12 mois était de seulement 35,0 % chez les patients positifs à l’ADNc, contre 89,5 % chez les patients négatifs. L’ADNc postopératif s’est révélé être le facteur pronostique le plus important, surpassant la plupart des variables clinico-pathologiques conventionnelles, à l’exception du stade nodal pathologique.

L’importance de l’ADNc est restée constante, voire s’est accrue, au fil du temps. La positivité à 3 et 6 mois après l’opération était également fortement associée à la récidive (HR 7,98 et HR 15,16, respectivement ; les deux P < 0,0001). Pendant toute la période de surveillance, la présence d’ADNc conférait un risque de récidive presque 25 fois plus élevé (HR 24,95, P < 0,0001). De plus, l’étude suggère que l’ADNc pourrait être un biomarqueur prédictif du bénéfice de la chimiothérapie adjuvante. Chez les patients négatifs à l’ADNc, la chimiothérapie n’a pas apporté d’amélioration significative de la DFS (HR 0,59, P = 0,211). En revanche, les patients positifs à l’ADNc ont bénéficié d’une réduction de 72 % du risque de récidive (HR 0,28, P = 0,031) et d’une amélioration de la DFS médiane (9,33 mois avec ACT contre 5,62 mois avec observation).

Enfin, l’étude a mis en évidence l’importance de la dynamique de l’ADNc. Les patients qui sont restés constamment négatifs avaient le meilleur pronostic, tandis que ceux qui sont passés de négatifs à positifs ont vu leur risque de récidive augmenter considérablement (HR 8,22, P = 0,0055). Les patients constamment positifs à l’ADNc présentaient le risque le plus élevé (HR 45,48, P < 0,0001). Une observation intéressante a été faite concernant les métastases pulmonaires, qui étaient plus susceptibles d’être négatives à l’ADNc peu après la chirurgie, ce qui pourrait être lié à une moindre excrétion d’ADNc par ces lésions. Il est donc important d’interpréter avec prudence les premiers résultats négatifs dans ce contexte et de privilégier une évaluation longitudinale répétée de l’ADNc.

Ces résultats soutiennent une approche personnalisée du traitement du cancer du rectum, où l’intensité et la surveillance de la chimiothérapie adjuvante seraient adaptées en fonction du statut et de l’évolution de l’ADNc. Des essais randomisés guidés par l’ADNc sont toutefois nécessaires pour valider ces conclusions et modifier les pratiques cliniques. Lien vers l’article original.

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