Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

Étude : marginalisation et manque de soins liés au cancer du sein

Une vaste étude de population menée en Ontario révèle que 23 % des patients atteints d’un cancer du sein métastatique de novo entre 2010 et 2019 sont décédés dans les six mois…

Étude : marginalisation et manque de soins liés au cancer du sein

<>

Une vaste étude de population menée en Ontario révèle que 23 % des patients atteints d’un cancer du sein métastatique de novo entre 2010 et 2019 sont décédés dans les six mois suivant leur diagnostic, un risque d’accès aux soins et de marginalisation sociale documenté dans le Canadian Medical Association Journal.

La mortalité précoce touche 23 pour cent des patients en Ontario

Les chiffres tirés de la recherche brossent un portrait préoccupant de la maladie. Parmi les 4 004 patients diagnostiqués entre 2010 et 2019, 23 pour cent ont perdu la vie dans les six mois suivant l’annonce de leur cancer, comme le rapportent les données publiées par le Canadian Medical Association Journal. Ce taux élevé ne relève pas uniquement de l’agressivité biologique de la tumeur et révèle des disparités profondes dans l’accès aux soins de santé.

Dans la province de l’Ontario, près de 3 000 personnes apprennent chaque année qu’elles sont atteintes de cette maladie. Le sous-type de cancer du sein métastatique de novo, qui signifie que la maladie a déjà essaimé vers des organes distants dès le tout premier diagnostic et ne constitue pas une récidive, représente de 3 à 6 pour cent de l’ensemble des cas diagnostiqués.

La marginalisation sociale alourdit le bilan de la maladie

Pour comprendre les facteurs de mortalité, l’équipe de recherche a croisé les dossiers administratifs de santé de l’institut ICES en Ontario avec l’Indice de marginalisation de l’Ontario, un outil mesurant la stabilité du logement, le revenu, l’âge et le statut d’emploi. L’analyse démontre que les personnes aux prises avec l’instabilité résidentielle ou de faibles revenus subissent des diagnostics plus tardifs et voient leur espérance de survie se compter en mois plutôt qu’en années.

Étude : marginalisation et manque de soins liés au cancer du sein
Photo : bioengineer.org

L’accès à un médecin de famille s’avère l’un des leviers les plus déterminants. Les patients reliés à un omnipraticien affichent des cotes de mortalité précoce inférieures de 26 pour cent, en plus d’avoir une probabilité accrue d’avoir passé une mammographie au cours des deux années précédant le diagnostic.

Le Dr Priya Thomas et le Dr Phillip Blanchette ont expliqué : « Nous avons mené cette étude parce que les patients chez qui l’on diagnostique un cancer du sein métastatique de novo sont souvent vulnérables aux disparités en matière d’équité en santé et d’accès aux soins, et la plupart des études antérieures portant sur ces questions ont été menées aux États-Unis. »

Les obstacles géographiques compliquent les déplacements vers les centres de soins

L’étude relève également un lien marqué entre la résidence en milieu rural et la mort précoce. Ce facteur traduit le fardeau logistique des déplacements vers les grands centres urbains de cancérologie pour y recevoir des traitements de chimiothérapie ou des consultations en radiothérapie.

Les auteurs rappellent que la première ligne de soins constitue la porte d’entrée incontournable du système d’oncologie. Cette recherche a bénéficié en partie d’un soutien philanthropique par l’intermédiaire de la Fondation des sciences de la santé de London.

Étude : marginalisation et manque de soins liés au cancer du sein
Photo : miragenews.com

Selon les auteurs de l’étude publiée dans le Canadian Medical Association Journal : « Le manque d’accès aux soins de première ligne peut nuire à la rapidité du diagnostic et entraîner également des retards dans le début de traitements anticancéreux importants. »

Les spécialistes planchent sur l’intégration de la télémédecine

L’intégration de la télémédecine et l’optimisation des soins en région éloignée figurent parmi les solutions avancées pour alléger les contraintes de transport.

L’équipe de recherche de l’étude ontarienne a déclaré : « Nos conclusions soulignent la nécessité d’un meilleur accès aux soins de première ligne. De futures études sont nécessaires pour déterminer des moyens efficaces d’optimiser la prestation des soins oncologiques en milieu rural et l’intégration des soins virtuels. »

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now
À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.