L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo a atteint la province de North Ubangi, portant à huit le nombre de provinces touchées par la pire crise sanitaire de l’histoire du pays, selon les données publiées en octobre 2026 par l’institut de santé publique congolais.
L’extension de l’épidémie à North Ubangi
L’Institut national de recherche biomédicale a confirmé deux cas, dont un décès, dans la province de North Ubangi, frontalière de la République centrafricaine, d’après les informations diffusées en octobre 2026. Cette confirmation fait suite à des signalements préliminaires de responsables sanitaires et place une nouvelle région sous surveillance. La zone s’ajoute aux sept provinces déjà touchées par la circulation du virus : North Kivu, Ituri, Haut-Uele, Tshopo, Sud-Kivu, Bas-Uele et South Ubangi.
L’épidémie dépasse désormais les frontières nationales. En octobre 2026, l’Ouganda et le Kenya ont recensé des cas importés. Un ressortissant kenyan ayant vécu en RDC a voyagé par l’Ouganda avant de mourir à Nairobi, marquant le premier décès de ce type au Kenya. L’Ouganda avait pour sa part signalé 20 cas et deux décès plus tôt dans l’année avant d’être déclaré exempt d’Ebola en août.

Le bilan humain et la virulence de la souche Bundibugyo
Le dernier bilan fourni par le ministère de la Santé et l’institut public en octobre 2026 fait état de 9 415 cas cumulés et de 4 536 décès depuis le début de la crise. La propagation rapide place cette vague au deuxième rang historique mondial, juste derrière l’épidémie de 2014-2016 en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone qui avait fait plus de 11 000 morts, d’après l’Organisation mondiale de la santé.
La crise actuelle est alimentée par la souche Bundibugyo, une variante rare pour laquelle aucun traitement approuvé ni vaccin n’est actuellement disponible sur le marché, bien que des essais cliniques soient en préparation sous l’égide de l’OMS, selon les précisions de Dr Chikwe Ihekweazu en octobre 2026. Les autorités sanitaires estiment que les cas officiels ne représentent qu’une fraction de la réalité, une part importante des décès survenant à domicile.
Les enfants paient un tribut particulièrement lourd à cette urgence sanitaire internationale. L’organisation Save the Children rapporte que 61 pour cent des enfants décédés de la maladie ont moins de cinq ans.
Les répercussions sur les structures de soins et les enfants isolés
Dans les zones touchées, les répercussions dépassent la seule prise en charge des patients atteints d’Ebola. Les familles évitent les centres de santé par crainte de contamination ou par méfiance envers les équipes de riposte. Cette situation entraîne une baisse des consultations pour d’autres pathologies courantes.

Amy Mina a déclaré : « Les enfants ne meurent pas seulement d’Ebola. Nous constatons une baisse du nombre de familles et d’enfants qui se rendent dans les centres de santé […] et des enfants meurent du paludisme, de la dysenterie et de maladies respiratoires. »
Parallèlement, l’UNICEF recense au moins 1 900 enfants séparés de leurs parents ou devenus orphelins à cause de l’épidémie. L’agence onusienne a mis en place une structure d’accueil et pépinière à proximité immédiate des centres de traitement, telles que celle installée au centre médical évangélique de Bunia. Ces structures permettent d’isoler et de surveiller les nourrissons et les enfants exposés tout en leur offrant un suivi pédi.’.

Les obstacles opérationnels et la réponse sur le terrain
Les efforts de endiguement se heurtent à des difficultés logistiques et sécuritaires majeures. Le conflit persistant entre le groupe rebelle M23, la présence du groupe armé ADF et les forces gouvernementales entrave l’acheminement du matériel médical et le déploiement des équipes dans les zones reculées entre le North Kivu et l’Ituri, région qui concentre 73 pour cent des cas.
Les équipes de terrain font également face à une forte réticence des communautés locales. De nombreux habitants remettent en cause l’existence même de la maladie ou suspectent les autorités d’utiliser la riposte à des fins financières. Cette défiance s’est traduite par des tensions et des agressions contre des représentants locaux, illustrant la complexité de la mission confiée aux soignants.