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EUR/USD suspendu là-dedans | Investir.com

by Amélie Bernard

Les marchés financiers ont esquivé une semaine potentiellement tumultueuse, malgré des données économiques américaines plus robustes que prévu. L’attente d’une baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed) n’est pas abandonnée, mais semble reportée, tandis que l’euro montre des signes encourageants de résilience.

La publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis, bien que supérieurs aux attentes, n’a pas entraîné la hausse des taux à court terme que certains anticipaient. Au contraire, ces taux ont même légèrement diminué et le dollar s’est affaibli, suggérant que les investisseurs ne sont plus aussi fortement positionnés à la baisse sur la devise américaine qu’ils l’étaient ces derniers mois. Cette faiblesse du dollar s’est également manifestée lors du repli important de 3,7 % des actions américaines en cours de journée, les gestionnaires de fonds semblant profiter des gains post-Nvidia (NASDAQ:) pour réduire leurs positions avant les vacances de Thanksgiving.

Selon les minutes du dernier comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed, les responsables s’inquiètent d’une dépendance croissante de la consommation américaine à un groupe restreint de consommateurs fortunés, dont le pouvoir d’achat est soutenu par la performance des marchés boursiers.

Les attentes concernant le cycle d’assouplissement monétaire de la Fed ont été revues à la baisse, mais pas annulées. Le taux final attendu pour ce cycle reste estimé autour de 3,00 % l’année prochaine. Le marché penche désormais davantage vers une première baisse des taux en janvier (24 points de base) plutôt qu’en décembre (10 points de base). L’incertitude politique liée à la nomination du prochain président de la Fed ajoute également une pression sur le dollar. Kevin Hassett, actuel directeur du Conseil économique national, est considéré comme le favori, et a déclaré qu’il « réduirait les taux immédiatement » s’il était à la tête de l’institution.

L’attention se portera aujourd’hui sur les chiffres de l’indice S&P 500 (attendu en hausse) et l’indice final de confiance des consommateurs de novembre. Le dollar reste sous pression, notamment en raison du taux de change USD/JPY qui dépasse les 157. Bien qu’une intervention des autorités japonaises sur le marché des changes soit possible, avec une injection potentielle de jusqu’à 100 milliards de dollars, aucun catalyseur majeur ne semble à court terme capable de provoquer une baisse significative du DXY.

L’Europe montre des signes de reprise

L’euro a également résisté à une semaine qui aurait pu s’avérer difficile. Les données préliminaires des indices PMI (Purchasing Managers’ Index) pour la zone euro seront scrutées aujourd’hui. Ces indicateurs ont apporté un certain réconfort, car le climat des affaires reste relativement positif, suggérant que les entreprises s’adaptent à l’environnement tarifaire actuel. Les chiffres des exportations de novembre pour la Corée et d’octobre pour le Japon semblent également tenir bon. Un ensemble de PMI encourageants pourrait donner un léger coup de pouce à l’euro.

Les investisseurs surveilleront également l’enquête de la Banque centrale européenne (BCE) sur les salaires négociés au troisième trimestre, qui devraient afficher une augmentation de 2,45 % en rythme trimestriel annualisé, contre 3,95 % au trimestre précédent. Cette évolution serait une bonne nouvelle pour la BCE, tout en soulignant que les salaires réels augmentent dans la zone euro et que la consommation pourrait surprendre positivement en 2026, compte tenu du niveau élevé d’épargne.

Plusieurs responsables de banques centrales prendront la parole aujourd’hui. Christine Lagarde, présidente de la BCE, s’exprimera ce matin lors du Congrès bancaire européen à Francfort. Son discours devrait mettre en avant les avantages d’investir en Europe et pourrait faire référence à la notion d’euro mondial. Par ailleurs, des informations de Politico révèlent que la BCE envisage d’étendre ses lignes de pension EUREP à d’autres banques centrales en dehors de la zone euro, dans le but de faciliter l’utilisation de l’euro dans les transactions internationales, à l’image de la stratégie chinoise pour le renminbi.

Si l’EUR/USD parvient à franchir la barre des 1,1560/65 aujourd’hui, la semaine aura été positive pour la paire de devises.

Enfin, la Banque nationale suisse (BNS) organisera cet après-midi une conférence avec de nombreux intervenants. Les participants devraient réaffirmer la position de la BNS, à savoir qu’elle garde toutes ses options ouvertes pour faire face à la force du franc suisse, tout en reconnaissant que sa capacité à baisser ses taux et à intervenir sur le marché est limitée. Le taux de change devrait rester proche de 0,92 jusqu’à la fin de l’année, les investisseurs préférant se réfugier dans le franc suisse en raison des incertitudes pesant sur les marchés obligataires et les monnaies fiduciaires.

Le Japon mise sur des relances budgétaires ciblées

Contrairement au Royaume-Uni, qui a mis en œuvre un resserrement budgétaire ayant eu un impact négatif sur l’économie, le Japon a opté pour des mesures de relance budgétaire ciblées, notamment des subventions énergétiques. Cette approche devrait contribuer à freiner l’inflation et pourrait dissuader la Banque du Japon d’augmenter ses taux d’intérêt, maintenant ainsi les taux réels japonais à un niveau négatif et le yen à un niveau bas.

Cependant, le risque d’intervention sur le marché des changes se rapproche à mesure que le taux USD/JPY s’approche de la zone 159/160. Une intervention pourrait intervenir pendant les vacances de Thanksgiving aux États-Unis, où les conditions de marché plus volatiles pourraient permettre aux autorités japonaises d’obtenir un meilleur rendement de leurs interventions.

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