Publié le 10 novembre 2024 19:20:00. Trente-six ans après le début de la transition démocratique en Bulgarie, le journaliste Evgueni Todorov se remémore l’euphorie de ces jours historiques et nuance les espoirs initialement placés dans ce nouveau régime.
- Le 10 novembre 1989 a marqué le début des changements démocratiques en Bulgarie.
- Evgueni Todorov a participé activement aux événements, notamment en menant le premier rassemblement à Plovdiv.
- Le journaliste évoque un sentiment d’optimisme immense, mais tempère aujourd’hui l’idée d’une transition achevée.
Pour Evgueni Todorov, le souvenir du 10 novembre 1989 reste gravé dans la mémoire comme un moment de libération collective. Il se souvient d’une joie indescriptible, d’une atmosphère de fraternité et d’une conviction partagée que tout allait changer.
« Que la transition soit terminée ou non, c’est un long sujet. À mon avis, elle ne se terminera pas de sitôt, du moins pas comme nous l’avions imaginé. À cette époque, nous pensions que devenir un pays différent, vivre d’une nouvelle manière était une question de jours et de mois. La joie était indescriptible – 99% des gens, au moins à Plovdiv, étaient heureux, ils s’embrassaient, ils croyaient que tout allait changer »
Evgueni Todorov, journaliste
L’annonce du renversement de Todor Jivkov, alors secrétaire général du Parti communiste bulgare, est survenue de manière inattendue pour le journaliste, alors en déplacement familial. Il relate avoir immédiatement compris la gravité de la situation en entendant une musique symphonique interrompre la programmation habituelle à la radio, où il travaillait.
Une semaine plus tard, le 18 novembre 1989, Evgueni Todorov s’est retrouvé à l’avant-garde d’un rassemblement spontané à Plovdiv. Il décrit une scène animée, où étudiants, intellectuels et citoyens ordinaires se sont réunis sur la place publique, brandissant des slogans manuscrits et réclamant un « système multipartite ».
« Des étudiants, des intellectuels, des gens ordinaires – tous étaient sur la place, heureux, avec des slogans manuscrits et « système multipartite ». C’était une sensation incroyable. »
Evgueni Todorov, journaliste
Dans ses souvenirs, le journaliste évoque également le rôle de son épouse, Neri Terzieva, figure emblématique du début des années 1990 et attachée de presse du président Stoyanov. Il souligne son enthousiasme face aux événements de novembre 1989 et son engagement pour la démocratie et l’intégration européenne de la Bulgarie.
« Elle a accueilli le 10 novembre avec beaucoup d’enthousiasme. Elle a beaucoup donné pour la démocratie et pour la voie européenne de la Bulgarie. »
Evgueni Todorov, journaliste
Il ajoute, avec une pointe de nostalgie, que l’avenir de la Bulgarie se trouve désormais entre les mains des nouvelles générations.
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