Publié le 26 octobre 2023. La Fondation Bill et Melinda Gates et l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) s’engagent à rendre les traitements contre l’obésité, tels que Wegovy et Mounjaro, plus accessibles aux pays à faible revenu, face à une épidémie mondiale aux coûts économiques considérables.
- La Fondation Gates explore des moyens de réduire drastiquement le prix de ces médicaments pour les rendre abordables à l’échelle mondiale.
- L’OPS envisage d’utiliser son fonds d’achat groupé pour négocier des prix plus bas avec les fabricants.
- Environ 70 % des personnes obèses vivent dans des pays où l’accès à ces traitements est limité par leur coût élevé.
Face à l’augmentation alarmante de l’obésité et de ses complications, comme le diabète et les maladies cardiaques, deux acteurs majeurs de la santé mondiale, la Fondation Bill et Melinda Gates et l’Organisation panaméricaine de la santé, multiplient les initiatives pour démocratiser l’accès aux nouveaux médicaments amaigrissants. Ces traitements, bien que très efficaces, demeurent hors de portée pour la majorité des populations des pays à revenu faible ou intermédiaire.
Bill Gates a souligné l’engagement de sa fondation à reproduire le modèle qu’elle a mis en place pour d’autres traitements.
« Nous prendrons n’importe quel médicament efficace dans les pays à revenu élevé et trouverons comment le rendre super, super bon marché afin qu’il puisse être accessible à tout le monde dans le monde. »
Bill Gates, fondateur de Microsoft
Il a notamment cité l’exemple d’un accord avec le fabricant indien Hetero pour proposer une alternative générique à un médicament de prévention du VIH à un prix annuel de 40 dollars (environ 37 euros).
Un facteur clé dans cette démarche est l’expiration prochaine des brevets sur le sémaglutide, l’ingrédient actif de Wegovy, dans des pays comme la Chine et l’Inde à partir de l’année prochaine. Cela ouvrira la voie à la production de génériques moins coûteux. Actuellement, les médicaments de marque sont vendus à des prix prohibitifs dans les pays riches, avec des ordonnances pouvant dépasser plusieurs centaines de dollars par mois.
La Fondation Gates pourrait également financer des études cliniques pour évaluer l’efficacité de ces médicaments sur différentes populations et ainsi fournir des données probantes pour étayer une plus large diffusion. Cette intervention dans le domaine de l’obésité représente un nouveau champ d’action pour la fondation, traditionnellement concentrée sur la lutte contre des maladies infectieuses telles que le paludisme.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le coût économique du surpoids et de l’obésité pourrait atteindre 3 000 milliards de dollars d’ici 2030 si aucune mesure n’est prise. L’OMS a d’ailleurs publié des recommandations préliminaires en faveur de l’utilisation de médicaments amaigrissants dans le traitement de l’obésité chez l’adulte, tout en critiquant leur prix élevé et leur disponibilité limitée.
L’OPS, branche régionale de l’OMS pour les Amériques, dispose d’un fonds qui permet de négocier des prix plus bas en regroupant les commandes des 35 États membres. Selon le Dr Jarbas Barbosa, directeur de l’OPS, ce fonds pourrait être utilisé pour l’acquisition de médicaments amaigrissants.
« Nous entamons la conversation »
Dr Jarbas Barbosa, directeur de l’OPS
Il a également précisé que cette approche pourrait simplifier les procédures réglementaires pour les fabricants, en évitant la nécessité d’obtenir une approbation dans chaque pays individuellement.
L’OPS prévoit d’organiser des discussions avec Novo Nordisk, Eli Lilly et les fabricants de génériques dans les prochaines semaines afin d’explorer les différentes options. Eli Lilly n’a pas souhaité commenter cette initiative. Novo Nordisk a quant à elle déclaré dans un communiqué reconnaître le « besoin non satisfait » de ses traitements et affirmer son engagement à servir les patients du monde entier.