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Extraire la valeur de l’informatique nécessite un investissement dans la formation

Les établissements de santé doivent désormais investir autant dans la formation et l'accompagnement de leurs équipes que dans l'acquisition de nouvelles technologies, afin d'en maximiser l'impact et d'éviter des dépenses inutiles. C'est le message clé porté par Nnaemeka…

Extraire la valeur de l’informatique nécessite un investissement dans la formation

Les établissements de santé doivent désormais investir autant dans la formation et l’accompagnement de leurs équipes que dans l’acquisition de nouvelles technologies, afin d’en maximiser l’impact et d’éviter des dépenses inutiles. C’est le message clé porté par Nnaemeka Okafor, directrice de l’analyse et de l’informatique au Memorial Hermann Health System, qui plaide pour une approche globale de l’adoption technologique.

Selon Okafor, l’époque où les hôpitaux se contentaient d’acheter des outils est révolue. Il est désormais crucial de créer un environnement propice à leur utilisation efficace, en impliquant les équipes cliniques, opérationnelles et techniques dès le début du processus. « Nous devons construire ces écosystèmes, ou plutôt ces environnements, où la technologie peut prospérer », explique-t-elle.

L’experte souligne que le coût réel de l’implémentation d’une nouvelle technologie dépasse largement son prix d’achat initial. Des études citées par Okafor montrent que les dépenses liées à la mise en œuvre et à la réalisation de la valeur ajoutée peuvent être jusqu’à trois fois supérieures au coût de la technologie elle-même. Le Memorial Hermann Health System a d’ailleurs intégré cette réalité dans sa récente transition vers le Dossier Patient Informatisé (DPI), en budgétisant scrupuleusement la formation continue, l’optimisation et le support technique.

Pour Okafor, une demande de financement transparente, regroupant les coûts de licence, de gestion du changement, de formation et de suivi, est essentielle. Elle insiste sur la nécessité de quantifier les lacunes opérationnelles, cliniques et financières, de proposer des solutions de formation ou d’optimisation, et d’estimer le retour sur investissement attendu. Cette approche rigoureuse renforce la confiance des dirigeants et facilite l’obtention de financements pour les projets futurs.

La formation joue un rôle central dans cette démarche. Okafor préconise un modèle à plusieurs niveaux, basé sur la pratique délibérée, avec un contenu ciblé sur les tâches spécifiques de chaque utilisateur et diffusé sous différents formats : courtes vidéos intégrées aux flux de travail, simulations interactives pour les situations à risque, ateliers pratiques et sessions de formation personnalisées. Elle insiste également sur l’importance de la formation continue, car les mises à jour des systèmes et les modifications des procédures peuvent rapidement rendre les compétences obsolètes. « Pas de formation, pas d’accès, sans blague », affirme-t-elle.

Au-delà de la formation, une base de données solide est indispensable pour mesurer l’efficacité des nouvelles technologies. Le Memorial Hermann Health System a développé des outils internes de suivi et d’analyse, combinant les données de différents systèmes pour évaluer l’adoption, l’efficacité et les résultats cliniques. Ces données permettent d’identifier les points de blocage, de cibler les efforts de formation et de démontrer l’impact des investissements technologiques.

L’intelligence artificielle (IA) est également perçue comme un accélérateur de cette transformation, à condition d’être utilisée avec prudence. Okafor souligne que l’IA nécessite une formation spécifique et des garde-fous pour garantir la fiabilité des résultats. Elle peut notamment être utilisée pour personnaliser l’apprentissage, répondre aux questions des utilisateurs et automatiser certaines tâches, mais il est essentiel de former le personnel à valider les informations fournies et à maintenir un niveau de confiance approprié.

En résumé, selon Nnaemeka Okafor, le succès de l’adoption technologique dans le secteur de la santé repose sur une approche globale, qui intègre la formation, l’accompagnement, le suivi des résultats et une gestion rigoureuse des coûts. Il s’agit de créer un environnement où la technologie peut véritablement améliorer la qualité des soins et l’efficacité des organisations.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.