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Face à la Chine, la France et l’Espagne adoptent des approches divergentes

La France et l’Espagne adoptent des approches divergentes face à la Chine, illustrées par la fréquence des voyages officiels de leurs dirigeants et par l’intégration des…

Face à la Chine, la France et l’Espagne adoptent des approches divergentes

La France et l’Espagne adoptent des approches divergentes face à la Chine, illustrées par la fréquence des voyages officiels de leurs dirigeants et par l’intégration des technologies asiatiques dans la réindustrialisation européenne, sur fond de tensions commerciales croissantes.

Les visites officielles de Pedro Sánchez et Emmanuel Macron à Pékin

Du côté français, le président Emmanuel Macron a également visité la Chine à quatre reprises, mais sur une période de sept ans, de 2018 à 2025. En cherchant à capter les investissements chinois pour relancer sa propre industrie, le gouvernement de Madrid mise prioritairement sur l’expertise asiatique concernant les batteries électriques et les filières énergétiques propres. Carlos Cuerpo, le ministre de l’économie, du commerce et des entreprises espagnol, a ainsi été aperçu aux côtés de son homologue chinois, Wang Wentao, à Pékin, le 12 novembre 2025, en présence du roi d’Espagne, Felipe VI, et du président chinois, Xi Jinping.

L’impact du choc chinois 2,0 sur l’industrie française

Privés de débouchés importants aux États-Unis en raison des surtaxes douanières, les industriels chinois réorientent leurs surcapacités vers l’Europe. Cinq grands ensembles industriels français se trouvent en première ligne face à cette concurrence, notamment l’automobile, la chimie, la pharmacie, les équipements électriques et la métallurgie, tandis que les coûts énergétiques pèsent lourdement sur les usines installées dans l’Hexagone.

Face à la Chine, la France et l’Espagne adoptent des approches divergentes
Photo : BFM

Les leviers économiques de Pékin et le déficit commercial européen

La force des exportations chinoises repose en partie sur une devise maintenue à un niveau faible et sur des remboursements massifs de taxe sur la valeur ajoutée accordés aux exportateurs.

Cette situation alimente de vives tensions avec l’Union européenne, dont les délégations se dirigent vers Pékin pour dénoncer un déficit commercial qui dépasse 1,1 milliard de dollars américains par jour. Les autorités européennes reprochent à la Chine ses subventions et ses prêts à taux préférentiels, qui permettent d’inonder le marché européen de produits bon marché tout en affaiblissant la capacité des entreprises locales à investir. Caspar Veldkamp, l’ambassadeur de l’Union européenne en Chine, a ainsi rappelé dans un discours le 22 septembre : Nous devons rééquilibrer nos liens économiques et les rendre équitables, durables et mutuellement bénéfiques. La situation actuelle est insoutenable.

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Photo : La Presse

Les alliances politiques et les risques d’ingérence en Europe

Au-delà du commerce et de l’industrie, l’influence chinoise s’exerce également sur le plan politique à l’approche des échéances électorales en France. Depuis maintenant un demi-décennie, Paul Charon — expert des mécanismes d’influence et de propagande de Pékin au sein de l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire (Irsem) — suit de près cet attachement particulier.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.