Mis à jour le 21 novembre 2025 à 15h35. Des publications circulent sur les réseaux sociaux, notamment sur Meta, remettant en question l’existence du virus du papillome humain (VPH) et l’efficacité du vaccin qui le prévient. Ces allégations, largement contredites par la communauté scientifique, méritent d’être examinées.
- Un utilisateur Meta a diffusé des vidéos affirmant que le VPH n’a jamais été prouvé scientifiquement et que le vaccin est une fraude.
- Ces affirmations sont réfutées par des études scientifiques démontrant l’existence du virus, son isolement et l’efficacité du vaccin pour prévenir les lésions précancéreuses et les cancers liés au VPH.
- Une revue de l’Institut Cochrane, souvent citée dans les publications contestataires, est en réalité interprétée de manière erronée et confirme la sécurité et l’efficacité du vaccin.
L’existence du virus du papillome humain (VPH) est solidement établie par la communauté scientifique. Il s’agit de l’infection virale la plus courante, transmise principalement par voie sexuelle. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il existe plus de 100 génotypes connus du VPH, dont au moins 13 peuvent provoquer le cancer du col de l’utérus et sont associés à d’autres cancers anogénitaux et de la tête et du cou (OMS). Les deux génotypes à haut risque les plus courants (VPH 16 et 18) sont responsables d’environ 70 % de tous les cancers du col de l’utérus.
Le virus a été découvert et étudié depuis les années 1970, lorsque le chercheur Harald zur Hausen a identifié l’ADN des types VPH 16 et 18 dans des tumeurs du col de l’utérus, une découverte qui lui a valu le Prix Nobel en 2008 (Prix Nobel). Des chercheurs ont entièrement séquencé le matériel génétique du virus sur des échantillons cliniques, notamment les types VPH 16, VPH 18 et VPH 58. Des études ont également examiné comment l’ADN du VPH s’intègre dans les cellules humaines (étude).
Les publications sur Meta affirment que le vaccin contre le VPH est une “fraude” et qu’il a été testé sans groupe témoin ni placebo. Ces allégations se basent sur une interprétation erronée d’une revue de l’Institut Cochrane. Cochrane est un réseau international indépendant de chercheurs en santé, reconnu pour ses revues systématiques rigoureuses des essais cliniques. La revue, publiée en 2022 par Nicholas Henschke et ses collègues, a évalué 26 essais contrôlés randomisés (ECR) impliquant 73 428 participants, principalement des adolescentes et jeunes femmes âgées de 15 à 26 ans.
Contrairement à ce qui est affirmé, chaque étude incluait un groupe témoin. Dans ces groupes, les participants ont reçu soit une injection d’adjuvant sans virus actif (placebo), soit un autre vaccin non anti-VPH (par exemple, contre l’hépatite A ou B). Cette méthode a permis une comparaison équitable et a garanti la validité des résultats. Les chercheurs ont collecté et vérifié les données sur les effets indésirables graves, la mortalité et les issues de grossesse pour garantir une analyse complète et précise.
Les résultats ont montré que les vaccins sont très efficaces pour prévenir les lésions précancéreuses du col de l’utérus (CIN2+, CIN3+, AIS) associées aux types de VPH ciblés, réduisant le risque de 164 à 2 cas pour 10 000 jeunes femmes à haut risque séronégatives pour le VPH. Le risque d’effets indésirables graves était similaire entre le groupe vacciné et le groupe témoin, et les réactions les plus courantes étaient locales, comme une douleur au point d’injection.
L’affirmation selon laquelle les études n’auraient pas démontré de réduction du cancer invasif est également inexacte. Les auteurs de la revue Cochrane reconnaissent que la durée du suivi des études était trop courte pour évaluer l’apparition d’un cancer, ce qui aurait nécessité des décennies de surveillance et retardé l’accès au vaccin. Les preuves d’une réduction du cancer invasif ne peuvent être obtenues que grâce à des études basées sur la population reliant les registres de vaccination aux registres du cancer.
En ce qui concerne la sécurité des vaccins, les données de Cochrane montrent qu’il n’y a pas de risque accru d’effets indésirables graves. Aux États-Unis, le Center for Disease Control and Prevention (CDC) rapporte une diminution significative des infections par les types de VPH couverts par le vaccin et des lésions précancéreuses du col de l’utérus depuis l’introduction du programme de vaccination. Une étude de 2024 de l’American Cancer Society, portant sur 3,5 millions de personnes, montre que la vaccination est associée à une diminution du risque de cancers liés au VPH.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) souligne que certains types de VPH à haut risque peuvent provoquer le cancer et que la vaccination prophylactique peut prévenir ces cancers. Le National Cancer Institute (NCI) américain explique que le vaccin utilise des particules pseudo-virales (VLP) qui stimulent l’immunité sans provoquer d’infection. La protection conférée par le vaccin dure de nombreuses années (études allant jusqu’à 12 ans) sans preuve de diminution de l’efficacité.
En conclusion, les affirmations diffusées sur Meta sont infondées. Le virus HPV existe, les vaccins contre le VPH ont été rigoureusement testés et sont sûrs et efficaces pour prévenir les infections et les lésions précancéreuses pouvant conduire au cancer du col de l’utérus. La désinformation véhiculée par ces publications peut mettre en danger la santé publique. La vaccination reste l’un des outils de prévention les plus efficaces contre le cancer du col de l’utérus et les autres cancers liés au VPH.
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