Publié le 26 septembre 2025 22h18. Une équipe médicale a réussi à dissoudre un bezoar, une masse indigeste accumulée dans l’estomac d’une patiente, grâce à un traitement surprenant : du Coca-Cola. Cette approche, de plus en plus courante, s’avère efficace et moins invasive que les méthodes traditionnelles.
- Les bezoars peuvent être constitués de cheveux (trichobezoaires), de produits laitiers (lactobezoars), de médicaments (pharmacobézoars) ou de matières diverses (polybezoars).
- Le diagnostic se fait par endoscopie, permettant de visualiser la masse dans l’estomac.
- Le Coca-Cola, grâce à ses propriétés acides, est devenu un traitement de première intention pour dissoudre ces masses.
Les bezoars, ces amas indigestes qui se forment dans le système digestif, peuvent prendre des formes variées. Les trichobezoaires, constitués de cheveux, sont souvent liés à des troubles psychologiques tels que la trichotillomanie (envie irrésistible de s’arracher les cheveux) et la trichophagie (ingestion de cheveux). On distingue également les lactobezoars, fréquents chez les nourrissons et composés de lait et de mucus, ainsi que les pharmacobézoars, formés par des résidus de médicaments non digérés. Enfin, les polybezoars regroupent les masses constituées de matériaux non alimentaires comme le plastique ou le papier, souvent observés chez les personnes atteintes de Pica, un trouble caractérisé par l’ingestion de substances non nutritives.
Dans le cas récent rapporté, une patiente a présenté un bezoar important, visualisé grâce à une endoscopie. Les médecins ont alors constaté la présence d’une masse verdâtre et gluante occupant une part significative de son estomac, sans toutefois provoquer de blocage. Si l’image peut choquer, elle est disponible ici.
Traditionnellement, le traitement des bezoars impliquait une ablation chirurgicale ou une fragmentation endoscopique de la masse pour faciliter son expulsion. Cependant, une approche plus douce a émergé ces dernières années, consistant à dissoudre le bezoar à l’aide de produits chimiques. Et le choix s’est porté, de manière surprenante, sur le Coca-Cola.
Selon un article publié l’année dernière dans le World Journal of Gastro-intestinal Endoscopie, l’efficacité du Coca-Cola repose sur « ses propriétés acides et la présence d’acides carboniques et phosphoriques, qui peuvent aider à décomposer le matériau fibreux des phytobezoars ». Les auteurs de l’étude de cas publiée dans le New England Journal of Medicine soulignent toutefois que les mécanismes précis par lesquels le Coca-Cola agit sur les bezoars restent à élucider.
Malgré ces incertitudes, le Coca-Cola est devenu un traitement de première intention pour les bezoars, soutenu par de nombreux rapports de cas et études. Une étude contrôlée randomisée menée en 2024 en Chine, impliquant 160 patients atteints de phytobezoars, a révélé que « l’ingestion rapide de Coca-Cola présente des avantages significatifs, notamment un taux de dissolution complet de 100 %, une faible incidence d’ulcères gastriques, l’absence de nécessité de fragmentation et une réduction des coûts ».
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