Publié le 7 juin 2026. Le stress chronique, omniprésent dans nos vies modernes, épuise nos ressources émotionnelles et affecte notre santé mentale. Le docteur Fernando Mora, psychiatre, explique comment reprendre le contrôle face à un monde qui nous en demande toujours plus.
- L’équilibre émotionnel dépend davantage du rythme de vie que de la force de caractère.
- Le cortisol, hormone du stress, peut devenir toxique pour le cerveau si son taux reste élevé de façon prolongée.
- Prendre soin de soi et entretenir des relations sociales de qualité sont essentiels pour renforcer sa résilience émotionnelle.
Loin d’être une question de volonté ou de tempérament, la stabilité émotionnelle est de plus en plus compromise par les exigences de la société contemporaine, selon le docteur Fernando Mora, chef de la section de psychiatrie de l’hôpital universitaire Infanta Leonor de Madrid. Dans un monde où l’on nous demande d’exceller dans tous les domaines – carrière, famille, loisirs, apparence physique – il devient difficile de trouver un équilibre et de préserver son bien-être mental.
« La relation avec soi-même est fondamentale pour la santé émotionnelle, car gérer le stress et nos propres émotions est nécessaire pour maintenir cet équilibre », défend l’auteur de l’ouvrage « Faites prendre à votre cerveau de meilleures décisions » (Zenith). Il souligne que les pressions sociales constantes, combinées à la stimulation technologique incessante, génèrent un stress chronique qui peut déséquilibrer notre santé émotionnelle.
Le docteur Mora établit un lien direct entre nos prises de décision et notre équilibre émotionnel. Selon lui, les décisions que nous prenons face aux défis quotidiens sont cruciales pour maintenir notre stabilité.
« Lorsque nos décisions nous amènent à y faire face de manière inadaptée, c’est-à-dire à prendre des décisions qui ne nous aident pas à les résoudre – par exemple, en étant catastrophique ou en agissant de manière impulsive – notre santé émotionnelle en souffre. Le sentiment de manque de contrôle augmente, le stress chronique s’installe et notre équilibre émotionnel vacille. »
Docteur Fernando Mora, chef de la section de psychiatrie de l’hôpital universitaire Infanta Leonor de Madrid
À l’inverse, des stratégies d’adaptation efficaces, basées sur des décisions conscientes et réfléchies, permettent de reprendre le contrôle, de réduire le stress et de retrouver un équilibre émotionnel.
LE STRESS CHRONIQUE, UN ENNEMI SILENCIEUX
Le stress, en lui-même, est une réponse physiologique normale à une situation perçue comme menaçante. « Si l’on sent que quelqu’un va nous attaquer, notre pouls et notre respiration s’accélèrent, nos muscles se tendent et notre esprit est activé. C’est le stress, cette réponse normale de notre corps pour faire face à cette situation », explique le docteur Mora. Cette réponse est régulée par le cortisol, une hormone essentielle.
Cependant, le problème survient lorsque cette activation se prolonge dans le temps, transformant le stress en un état chronique. Dans ce cas, les niveaux de cortisol restent élevés, ce qui peut avoir des conséquences néfastes sur notre santé physique et mentale.
« Après une situation de danger, le cortisol devrait normalement diminuer et tout revenir à la normale. Mais si, dans notre vie quotidienne, les problèmes au travail, les difficultés relationnelles ou les exigences de la société nous stressent toute la journée, notre cortisol ne va pas baisser. Et c’est à ce moment-là que cela aura des conséquences négatives », souligne le psychiatre.
Un taux de cortisol élevé de façon chronique peut entraîner une augmentation de la glycémie, une fragilisation des os, un ralentissement de la digestion et une diminution de l’immunité. Il peut également être toxique pour certaines structures cérébrales responsables de la régulation des émotions, comme l’hippocampe, qui contrôle les neurotransmetteurs clés tels que la noradrénaline, la sérotonine et la dopamine.
À long terme, cela peut conduire à un épuisement émotionnel et à une incapacité à gérer efficacement le stress.
Dans ce contexte, simplifier sa vie et réduire les sources de stress peut être bénéfique.
« Bien sûr, lorsque nous réduisons les problèmes et simplifions certains domaines de notre vie, tout devient plus facile, et cela contribue à notre équilibre émotionnel. »
Docteur Fernando Mora, chef de la section de psychiatrie de l’hôpital universitaire Infanta Leonor de Madrid
Cependant, le docteur Mora nuance cette approche : la vie sera toujours jalonnée de défis et d’imprévus. L’important est donc d’apprendre à prendre de bonnes décisions qui minimisent l’impact de ces difficultés.
Pour favoriser un équilibre émotionnel durable, il est essentiel de prendre soin de soi – repos, alimentation, activité physique – et d’entretenir des relations sociales de qualité. Les activités qui favorisent la libération d’endorphines, les hormones du bien-être, contribuent à rééquilibrer la chimie cérébrale. De même, le contact humain, l’affection et les liens sincères stimulent la production d’ocytocine, « l’hormone sociale », qui renforce les effets positifs des neurotransmetteurs.
En conclusion, l’équilibre émotionnel ne consiste pas à éviter le stress, mais à prendre des décisions conscientes et cohérentes avec nos besoins, en privilégiant une vie saine, équilibrée et significative.
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