Home Technologie et scienceFeux croisés sur Twitter entre Bullrich et Toviggino : ce qu’ils ont dit

Feux croisés sur Twitter entre Bullrich et Toviggino : ce qu’ils ont dit

by Thomas Caron

Une plainte explosive déposée auprès de la CONMEBOL par le gouvernement argentin et une contre-attaque virulente de la direction de l’Association argentine de football (AFA) ont embrasé le monde du football. L’affaire, centrée sur des allégations de mauvaise gestion financière et de conflits d’intérêts, prend une tournure politique et médiatique.

La sénatrice Patricia Bullrich a précisé que la plainte adressée au Comité d’éthique de la CONMEBOL vise directement Claudio Tapia, le président de l’AFA, et Víctor Blanco Toviggino, son secrétaire général, et non l’institution elle-même. « Je n’ai jamais dénoncé l’AFA. C’est vous qui êtes accusés », a-t-elle déclaré, accusant les dirigeants de l’AFA de vouloir utiliser l’organisation comme un outil de pression et d’extorsion envers les clubs et leurs dirigeants afin de conserver leur pouvoir.

Bullrich a également lié la réaction de la direction de l’AFA aux enquêtes judiciaires en cours, évoquant des soupçons de « blanchiment d’argent », de possession d’actifs de grande valeur (voitures de luxe, jets privés) et de détournement de fonds. Elle s’interroge sur la destination des revenus qui, selon elle, ne profitent ni aux clubs, ni aux joueurs. Elle a également critiqué Víctor Blanco Toviggino pour avoir limité les commentaires sur ses réseaux sociaux : « Les Argentins veulent avoir leur mot à dire », a-t-elle affirmé.

Le différend intervient alors que le gouvernement de Javier Milei a officialisé une plainte contre Tapia devant la CONMEBOL pour des violations présumées du Code d’éthique de l’organisation. Parallèlement, la justice avance dans ses enquêtes sur le patrimoine de Tapia et Toviggino, ainsi que sur la gestion financière de l’AFA. La semaine dernière, la Police fédérale a mené des perquisitions au siège de l’AFA et dans 17 clubs de première et deuxième division, dans le cadre d’une enquête sur des liens avec la société Sur Finanzas, soupçonnée de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale. Sur Finanzas est sponsor de plusieurs tournois et clubs affiliés à l’AFA, et son propriétaire entretient des relations publiques avec le président de l’AFA.

À ce stade, ni Tapia ni Toviggino n’ont été officiellement inculpés dans une affaire judiciaire. La plainte déposée auprès de la CONMEBOL soutient que la direction de l’AFA n’aurait pas respecté les règles relatives à l’intégrité institutionnelle, au devoir fiduciaire, à la transparence des contrats, aux conflits d’intérêts et à la prévention du blanchiment d’argent.

Claudio Tapia occupe également un poste important au niveau international en tant que deuxième vice-président de l’organisation sud-américaine et représentant du football régional auprès de la FIFA. La Commission d’éthique de la CONMEBOL, chargée d’analyser la plainte, est composée de cinq membres, dont l’Argentin Juan Bautista Mahiques, procureur général de la ville de Buenos Aires. Mahiques avait été présenté il y a quelques semaines dans le cadre de l’Université argentine de football (UNAFA), un projet promu par Tapia, mais il a ensuite annoncé avoir renoncé à cette initiative et demandé que son nom soit retiré du site officiel.

Dans le milieu du football sud-américain, le scepticisme prévaut quant à une éventuelle sanction tant qu’il n’y aura pas d’accusations judiciaires formelles. Cependant, l’échange public entre Bullrich et Toviggino a clairement démontré que le différend entre le gouvernement et la direction de l’AFA ne se règle plus uniquement devant les tribunaux, mais aussi sur le plan politique et médiatique.

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