Publié le 24 décembre 2025 00:11:00. L’Indonésie a connu une année 2025 marquée par une forte mobilisation citoyenne, malgré une popularité soutenue du président Prabowo Subianto. Des manifestations récurrentes ont éclaté, témoignant d’une inquiétude grandissante face aux orientations politiques du gouvernement.
- La révision de la loi sur l’armée indonésienne (TNI) a été un point de friction majeur, suscitant des protestations à travers le pays.
- La société civile craint un retour à un rôle accru de l’armée dans les affaires civiles, rappelant l’époque du régime autoritaire de Soeharto.
- Malgré les manifestations, le gouvernement a maintenu le cap, adoptant la loi révisée.
L’année 2025 a été témoin d’une activité intense des mouvements civils en Indonésie. Que ce soit dans les rues, devant les tribunaux ou sur les réseaux sociaux, les citoyens se sont mobilisés à plusieurs reprises pour contester des décisions gouvernementales jugées controversées, malgré un taux d’approbation globalement élevé du président Prabowo Subianto durant sa première année complète au pouvoir.
La révision de la loi sur l’armée indonésienne (TNI) a constitué l’un des principaux catalyseurs de cette contestation. Adoptée par la Chambre des représentants, dominée par les partis de la coalition présidentielle, cette réforme a déclenché une vague de protestations en février, baptisées par certains « Indonésie sombre ». Les manifestants exprimaient leur inquiétude face à un possible élargissement des prérogatives de l’armée dans les domaines civils.
Bien que les protestations n’aient pas empêché l’adoption du projet de loi, la société civile a continué à faire entendre sa voix. Les organisations et les citoyens craignent que cette nouvelle législation n’ouvre la voie au retour de la pratique du « double fonction » (dwifungsi), qui permettait à l’armée d’exercer des responsabilités à la fois dans la défense et dans la politique, une caractéristique du régime autoritaire de Soeharto, le beau-père de Prabowo Subianto.
Les procureurs ont également été au centre des controverses, comme en témoigne l’inculpation de quatre militants pour incitation aux troubles du mois d’août.
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