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Forte augmentation mondiale des infections résistantes aux antibiotiques dans les hôpitaux, selon l’OMS | Organisation Mondiale de la Santé

Publié le 13 octobre 2024 07:01:00. L’efficacité des antibiotiques s’érode à un rythme alarmant dans le monde entier, menaçant de compromettre le traitement d’infections courantes et de faire grimper le nombre de décès liés à la résistance aux…

Forte augmentation mondiale des infections résistantes aux antibiotiques dans les hôpitaux, selon l’OMS | Organisation Mondiale de la Santé

Publié le 13 octobre 2024 07:01:00. L’efficacité des antibiotiques s’érode à un rythme alarmant dans le monde entier, menaçant de compromettre le traitement d’infections courantes et de faire grimper le nombre de décès liés à la résistance aux médicaments. Une nouvelle étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) révèle une augmentation significative des infections résistantes, particulièrement dans les pays à faibles ressources.

  • En 2023, une infection bactérienne sur six confirmée en laboratoire était résistante aux traitements antibiotiques.
  • Plus de 40 % des antibiotiques ont perdu leur efficacité contre les infections sanguines, intestinales, urinaires et sexuellement transmissibles entre 2018 et 2023.
  • La résistance aux antimicrobiens (RAM) a contribué à 4,71 millions de décès dans le monde en 2021, dont 1,14 million directement attribués à cette résistance.

Les hôpitaux du monde entier sont confrontés à une recrudescence inquiétante d’infections courantes qui ne répondent plus aux antibiotiques. Selon un rapport mondial de surveillance de la résistance aux antibiotiques publié par l’OMS, la situation s’aggrave rapidement, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour la santé publique. L’étude, basée sur l’analyse de plus de 23 millions d’infections bactériennes recensées dans 104 pays, met en évidence une érosion de l’efficacité des médicaments essentiels.

« Ces résultats sont profondément préoccupants », a déclaré le Dr Yvan Hutin, directeur du département de résistance aux antimicrobiens de l’OMS.

« Alors que la résistance aux antibiotiques continue d’augmenter, nous manquons d’options de traitement et nous mettons des vies en danger, en particulier dans les pays où la prévention et le contrôle des infections sont faibles et où l’accès aux diagnostics et aux médicaments efficaces est déjà limité. »

Dr Yvan Hutin, directeur du département de résistance aux antimicrobiens de l’OMS

La situation est particulièrement critique dans les pays à revenu faible ou intermédiaire et ceux dont les systèmes de santé sont fragilisés. L’étude révèle que dans ces régions, une infection bactérienne sur trois en Asie du Sud-Est et en Méditerranée orientale, et une sur cinq en Afrique, était résistante aux antibiotiques en 2023. Il est important de noter que ces chiffres pourraient être sous-estimés, car certains systèmes de santé ne communiquent que les données des hôpitaux spécialisés, qui traitent les cas les plus graves.

La résistance aux antimicrobiens (RAM) se produit lorsque les agents pathogènes évoluent et deviennent capables de résister aux médicaments conçus pour les tuer. Le rapport de l’OMS met en garde contre la menace croissante des bactéries Gram-négatives, notamment Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae, responsables d’infections graves pouvant entraîner une septicémie, une défaillance d’organe et la mort. Plus de 55 % de Klebsiella pneumoniae et 40 % de Escherichia coli sont désormais résistants aux céphalosporines de troisième génération, un traitement de première intention pour ces infections. Dans la région africaine de l’OMS, ce taux de résistance dépasse souvent les 70 %.

L’étude souligne également l’augmentation de la résistance aux antibiotiques de deuxième choix, tels que les carbapénèmes et les fluoroquinolones, utilisés pour traiter les infections les plus résistantes. « Ces antibiotiques sont essentiels pour traiter les infections graves et leur inefficacité croissante réduit les options de traitement », explique le Dr Hutin.

Pour le Dr Manica Balasegaram, du Partenariat mondial de recherche et de développement des antibiotiques, le rapport confirme que les infections résistantes aux médicaments ont atteint « un point de basculement critique ».

« Les infections à Gram négatif les plus difficiles à traiter commencent désormais à dépasser le développement des antibiotiques, soit parce que les bons antibiotiques n’arrivent pas aux personnes qui en ont besoin, soit parce qu’ils ne sont pas développés en premier lieu. »

Dr Manica Balasegaram, Partenariat mondial de recherche et de développement des antibiotiques

Il s’attend à une forte hausse du nombre de décès liés à la RAM, avec une augmentation de 70 % d’ici 2050. Une étude publiée dans The Lancet confirme cette tendance alarmante.

« Il ne suffit pas de développer de nouveaux antibiotiques, il faut qu’ils soient les bons, ceux qui ciblent les infections qui ont le plus grand impact sur la santé publique », insiste le Dr Balasegaram. « Nous ne parvenons pas à remplacer les antibiotiques qui disparaissent à cause de la résistance, et ce dernier rapport de l’OMS montre que les conséquences commencent enfin à se faire sentir. »

Le professeur Sanjib Bhakta, de l’University College de Londres, qui travaille sur des médicaments pour lutter contre la RAM, estime que le rapport de l’OMS révèle « une escalade alarmante de la résistance », en particulier parmi les bactéries Gram-négatives. Il souligne la nécessité d’une « action mondiale sur mesure », incluant le renforcement de la surveillance et du diagnostic, ainsi que la garantie d’un accès équitable aux antibiotiques à spectre étroit. La prévention des infections, par le biais d’une meilleure hygiène, d’un accès à l’eau potable et à l’assainissement, et de la vaccination, est également cruciale. « Il est crucial que des investissements renouvelés soient nécessaires pour soutenir la recherche interdisciplinaire visant à découvrir de nouvelles interventions thérapeutiques contre les bactéries résistantes aux médicaments », conclut-il.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.