Publié le 2024-01-26 14:32:00. L’installation envisagée d’un dépôt de feux d’artifice au cœur de la commune transfrontalière de Baarle-Hertog/Baarle-Nassau suscite une vive opposition de la part des habitants, craignant un risque d’accident comparable à celui d’Enschede en 2000.
- Plus de 500 habitants des deux municipalités, belge et néerlandaise, ont déposé des objections formelles contre le projet.
- Le dépôt, proposé par le concessionnaire Loots, serait situé à proximité immédiate de stations-service et d’un stockage de carburant.
- Les riverains expriment leur inquiétude face aux nuisances et aux dangers potentiels liés à la manipulation de grandes quantités d’explosifs.
L’agitation monte à Baarle-Hertog et Baarle-Nassau face au projet de Loots, un concessionnaire de feux d’artifice, d’installer un nouveau dépôt sur la Wiekenweg. L’emplacement choisi, en plein centre de l’agglomération et à deux pas de stations-service et d’un site de stockage de carburant, inquiète profondément les habitants. La crainte d’un accident majeur, rappelant la catastrophe d’Enschede, est palpable.
La demande d’autorisation déposée par Loots est en réalité une troisième tentative. Cependant, l’opposition s’est considérablement renforcée. Il y a quatre ans, seulement 17 objections avaient été enregistrées. Aujourd’hui, une véritable campagne de mobilisation a été lancée, avec des habitants qui ont fait du porte-à-porte dans les deux municipalités pour recueillir des signatures.
En Belgique, chaque objection doit être formulée individuellement, les listes de signatures groupées n’étant pas prises en compte. “Alors, oui, on imprime 500 lettres et on les envoie”, explique Natasja van Steenbrugge, initiatrice de la pétition et résidente locale. “C’est très simple.”
« S’il explose, il n’y aura plus rien à sauver. »
Natasja van Steenbrugge, initiatrice et résidente
Selon les riverains, l’emplacement envisagé pour le dépôt de feux d’artifice est tout simplement dangereux. La Wiekenweg est un quartier résidentiel, et la proximité des stations-service et des installations de stockage de gaz représente un risque inacceptable. “Nous ne parlons pas de feux d’artifice pour le Nouvel An”, souligne Natasja van Steenbrugge. “Il s’agit de grandes quantités de matières explosives. Si quelque chose tourne mal, cette partie de Baarle sera littéralement embrasée.”
Le souvenir du désastre d’Enschede, survenu en 2000 et ayant causé la mort de 23 personnes et la destruction de centaines de maisons, hante les esprits. “Je n’arrive pas à me sortir cette image de la tête”, confie Natasja. “Et je ne suis pas la seule. Quand on entend les témoignages dans la rue, on comprend que cette peur est bien réelle.”
Les pompiers locaux appliquent fréquemment une politique d’évacuation plutôt que d’extinction en cas d’incendie impliquant des stocks importants de feux d’artifice. “Cela signifie qu’une fois que l’explosion se produit, il est trop tard”, explique Natasja. “Il n’y a plus rien à faire.”
L’opposition au projet est forte des deux côtés de la frontière. Baarle-Hertog (Belgique) et Baarle-Nassau (Pays-Bas) partagent un centre villageois commun et sont confrontés aux mêmes préoccupations. Au-delà de la sécurité, les habitants se plaignent des nuisances liées à la vente de feux d’artifice, des camionnettes garées illégalement dans les rues résidentielles et des tirs de feux d’artifice qui débutent dès le mois d’août.
« Il y a des limites. On ne place pas un dépôt d’explosifs entre des habitations. »
Natasja van Steenbrugge, initiatrice et résidente
Les plus de 500 objections seront remises vendredi midi au bourgmestre Philip Loots (sans lien de parenté avec le concessionnaire, ndlr) de Baarle-Hertog. Les habitants tentent également de contacter le maire de Baarle-Nassau. Ils espèrent que leur mobilisation commune portera ses fruits.
“Il ne s’agit pas de priver quelqu’un de son travail”, précise Natasja. “Mais il y a des limites. On ne peut pas installer un dépôt d’explosifs au milieu d’une zone résidentielle. Nous voulons être entendus, pas commémorés.”
Loots a réagi jeudi soir en déclarant : “Ce n’est pas la première fois qu’une enquête publique sur une demande de permis que nous avons déposée est détournée par une campagne de recrutement avec des informations inexactes pour obtenir des objections. L’expérience nous a appris que si cela ne se produit pas, très peu d’oppositions sont reçues. Nous souhaitons que la procédure se poursuive en toute sérénité, les objections étant traitées en fonction de leur importance et de leur pertinence.”
