Francis Halzen a conçu l’observatoire IceCube en Antarctique pour détecter des neutrinos de haute énergie provenant des confins du cosmos, ce qui lui vaut le prix Nobel de physique 2026.
Sous la surface glacée du pôle Sud, à plus d’un kilomètre et demi de profondeur, des milliers de capteurs optiques guettent le passage de particules fantômes. Ce télescope hors du commun, dépourvu de miroirs ou de lentilles, utilise un kilomètre cube de glace pure pour intercepter des neutrinos cosmiques. C’est cette réalisation pionnière qui a valu à Francis Halzen, professeur à l’Université du Wisconsin à Madison, de recevoir le prix Nobel de physique le 6 octobre 2026, tel que rapporté par Reuters.
Francis Halzen pose les jalons de la physique sous-marine
Francis Halzen s’est emparé de cette vision pour concevoir le projet antarctique. En juin 1988, il a présenté le concept aux côtés de son collègue John Learned lors d’une réunion en Pologne, selon les précisions de Chemistry World.
L’infrastructure finale de l’observatoire a pris sa forme complète en 2011 après sept années de construction, traversant les retards et les obstacles inhérents à une entreprise d’une telle envergure, comme l’indique The Hindu.

Le projet a reçu environ 250 millions de dollars (224 millions d’euros) de la part de la National Science Foundation des États-Unis, comme le précise Yahoo.
L’observatoire repose sur un réseau monumental intégré directement dans la feuille de glace à une profondeur comprise entre 1,5 et 2,5 kilomètres sous la surface. Quelque 5 160 modules optiques numériques enregistrent les éclairs fugaces de rayonnement Cherenkov émis lorsque des neutrinos de haute énergie entrent en collision avec des noyaux atomiques dans la glace, d’après les données techniques rapportées par ANI.
Francis Halzen introduit l’intelligence artificielle pour révéler la Voie lactée
Alors que les premiers réseaux de neurones émergeaient à la fin des années 1980, le physicien — âgé de 82 ans et professeur à l’Université du Wisconsin-Madison — a rédigé dès 1991 un article proposant d’appliquer l’intelligence artificielle pour analyser les données d’une expérience de physique classique, ainsi que le rapporte Yahoo.
S’exprimant depuis Turin en Italie au lendemain de l’annonce, Francis Halzen a exprimé sa fierté d’avoir promu l’IA dès ses débuts.
Cette anticipation s’est avérée décisive pour le traitement des signaux d’IceCube. Quand vous regardez le ciel normalement, vous voyez la Voie lactée. Mais quand vous regardez le ciel des neutrinos, vous voyez d’autres galaxies, vous ne voyez pas la Voie lactée,
a expliqué Francis Halzen.

IceCube-Gen2 prépare une nouvelle ère de l’astronomie
Le comité Nobel a salué une avancée majeure qui ouvre une fenêtre inédite sur les phénomènes les plus violents du cosmos. Antonio Zoccoli, président de l’Institut national de physique nucléaire d’Italie, a quant à lui qualifié cette attribution de reconnaissance claire de l’importance de la recherche fondamentale pour comprendre la nature et les origines, tel que le rapporte Yahoo.
Une extension du nom d’IceCube-Gen2, englobant 8 kilomètres cubes de glace, est planifiée pour devenir opérationnelle en 2033 et aura la capacité de détecter dix fois plus de neutrinos, incluant des particules beaucoup plus faibles, selon les informations de Reuters.
« Cela montre que lorsque nous concevons des expériences audacieuses, nous pouvons découvrir des choses extraordinaires. » Francis Halzen, lauréat du prix Nobel de physique