GameStop, le géant américain de la distribution de jeux vidéo, poursuit sa transformation radicale, marquée par une forte réduction de ses coûts et une diversification vers de nouveaux marchés. Les résultats du troisième trimestre, publiés mardi, témoignent d’une situation mitigée, avec une baisse du chiffre d’affaires mais une augmentation significative des bénéfices.
Le chiffre d’affaires net s’est établi à 820 millions de dollars (environ 760 millions d’euros) au troisième trimestre, en recul de 5 % par rapport à la même période l’année précédente. Ce résultat est inférieur aux prévisions des analystes, qui tablaient sur 893 millions de dollars (environ 825 millions d’euros). Cependant, le bénéfice net a bondi de 343 %, atteignant 77,1 millions de dollars (environ 71 millions d’euros), soit 13 cents par action.
Cette amélioration des bénéfices est principalement attribuable à une politique de réduction des coûts agressive. GameStop a notamment fermé 590 magasins en 2024 et prévoit d’en fermer un nombre important supplémentaire au cours de l’exercice 2025. Ces fermetures, combinées à des réductions de personnel, ont permis de diminuer les frais de vente, généraux et administratifs d’environ 60 millions de dollars (environ 55 millions d’euros), soit 21 %, pour atteindre 221 millions de dollars (environ 205 millions d’euros).
En tenant compte des éléments exceptionnels, le bénéfice net ajusté s’élève à 139,3 millions de dollars (environ 129 millions d’euros), contre 26,2 millions de dollars (environ 24 millions d’euros) l’année dernière. Le bénéfice ajusté par action atteint 24 cents, dépassant les attentes des analystes qui prévoyaient 20 cents.
Si les ventes de jeux vidéo traditionnels continuent de baisser (-27 % au troisième trimestre, à 198 millions de dollars, soit environ 183 millions d’euros), GameStop mise désormais sur de nouvelles sources de revenus. Les ventes d’objets de collection, notamment des figurines, des vêtements et des gadgets liés à la culture pop et aux jeux vidéo, ont explosé, augmentant de 50 % pour atteindre 256 millions de dollars (environ 237 millions d’euros) et représentant désormais la deuxième source de revenus la plus importante de l’entreprise. Les ventes de matériel (consoles, manettes, etc.) ont quant à elles diminué de 12 % pour s’établir à 367 millions de dollars (environ 340 millions d’euros).
L’entreprise ambitionne de devenir une plateforme de commerce électronique de premier plan pour l’univers du jeu vidéo, en développant ses offres d’abonnements, de codes de téléchargement numérique et d’objets de collection à forte marge. GameStop a également investi dans les cryptomonnaies, détenant environ 4 710 Bitcoins, d’une valeur d’environ 519 millions de dollars (environ 480 millions d’euros), dans l’espoir d’attirer les investisseurs intéressés par ce marché et de renforcer son bilan.
Malgré ces efforts, les investisseurs ont réagi négativement à la publication des résultats du troisième trimestre, le titre GameStop chutant d’environ 6 % pour atteindre 21,60 dollars (environ 19,90 euros) par action. L’action a perdu 31 % de sa valeur depuis le début de l’année et affiche un ratio cours/bénéfice de 29, ce qui indique que l’entreprise n’est pas considérée comme une valeur d’investissement à ce stade. La transformation de GameStop s’annonce donc longue et incertaine, et il reste à voir si l’entreprise parviendra à surmonter les défis posés par la dématérialisation du marché du jeu vidéo.
