Home MondeGrande-Bretagne: interdiction publicitaire pour la malbouffe en vigueur

Grande-Bretagne: interdiction publicitaire pour la malbouffe en vigueur

by Clara Dubois

Publié le 2025-10-01 20:11:00. Face à une épidémie d’obésité infantile croissante, le Royaume-Uni renforce sa lutte contre la publicité pour les aliments transformés, tandis que l’UNICEF alerte sur un phénomène mondial qui menace la santé des jeunes générations.

  • Le gouvernement britannique espère réduire de 7,2 milliards de calories l’apport calorique des menus pour enfants grâce à de nouvelles réglementations sur la teneur en sucre et en graisses des aliments.
  • Un rapport de l’UNICEF révèle que le surpoids et l’obésité dépassent désormais la sous-nutrition comme principale forme de malnutrition infantile à l’échelle mondiale.
  • En Autriche, des recommandations non contraignantes existent déjà, mais l’organisation Foodwatch plaide pour une réglementation légale plus stricte de la publicité alimentaire destinée aux enfants.

Le gouvernement britannique s’attaque de front à la question de l’obésité infantile en imposant aux fabricants de réduire la teneur en sucre et en graisses de leurs produits. Cette initiative, qui reprend un projet initié par l’administration précédente, vise à améliorer significativement l’alimentation des enfants. Selon le ministère de la Santé à Londres, les nouvelles réglementations devraient permettre de réduire de 7,2 milliards de calories l’apport calorique des menus pour enfants. L’évaluation des aliments concernés par les restrictions publicitaires se basera sur leur valeur nutritionnelle et leur proportion d’acides gras saturés, de sel et de sucre.

Au-delà des bénéfices directs pour la santé des enfants, cette politique pourrait également engendrer des économies substantielles pour le système de santé publique britannique, le NHS. Le gouvernement espère ainsi réduire les coûts liés au traitement des maladies liées à l’obésité. Les chiffres sont alarmants : en Grande-Bretagne, un enfant sur dix âgé de quatre ans souffre d’obésité, et un sur cinq présente des caries dentaires à l’âge de cinq ans.

La situation n’est pas propre au Royaume-Uni. Un rapport récent de l’UNICEF, publié en septembre, met en évidence une tendance inquiétante à l’échelle mondiale : le surpoids et l’obésité dépassent désormais la sous-nutrition comme principale forme de malnutrition infantile et adolescente. Selon les projections de l’agence onusienne, le taux d’obésité chez les enfants de cinq à 19 ans pourrait passer de 3 % à 9,4 % d’ici 2025. Ce rapport, basé sur des données provenant de plus de 190 pays, souligne l’urgence d’agir.

Les pays à revenu élevé sont particulièrement touchés. Le Chili affiche un taux d’obésité infantile de 27 %, les États-Unis et les Émirats arabes unis de 21 %. En Autriche, la proportion de personnes en surpoids est passée de 22 % à 28 % entre 2000 et 2022, tandis que le taux d’obésité s’élève à 11 %. L’UNICEF insiste sur le rôle néfaste des aliments ultra-transformés et de la restauration rapide, souvent peu coûteux et massivement commercialisés, notamment auprès des jeunes.

Une étude menée par l’Université de Vienne l’année dernière a révélé que les aliments présentés dans les vidéos de YouTube par des influenceurs s’adressant à un jeune public sont généralement trop riches en graisses, en sucres et en sel, et ne devraient donc pas être commercialisés auprès des enfants, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les résultats de cette recherche, publiés dans la revue BMC Public Health, renforcent l’appel à des mesures efficaces pour promouvoir une alimentation saine chez les enfants.

En Autriche, la National Nutrition Commission a émis des recommandations depuis 2021 concernant les aliments et les produits qui devraient être autorisés ou non à être annoncés aux enfants avant, pendant et après les programmes de télévision et de radio. Cependant, ces recommandations sont volontaires. L’organisation de protection des consommateurs Foodwatch réclame donc une restriction légale de la publicité pour les aliments déséquilibrés afin de protéger les enfants.

Selon la directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell,

« L’obésité est un problème croissant qui peut affecter la santé et le développement des enfants. Les aliments fortement transformés remplacent de plus en plus les fruits, les légumes et les protéines dans une phase de vie où la nutrition joue un rôle décisif dans la croissance, le développement cognitif et la santé psychologique des enfants. »

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.