Home NouvellesLe Comité scientifique décide d’étudier l’Autriche (PK0835 / 01.10.2025)

Le Comité scientifique décide d’étudier l’Autriche (PK0835 / 01.10.2025)

by Nicolas Lefèvre

Publié le 26 octobre 2023 10:30. Le parlement autrichien a adopté une nouvelle réglementation sur le nombre de places disponibles pour la formation en psychothérapie, afin de répondre à la demande croissante de professionnels de la santé mentale, tout en suscitant des débats sur l’accès à la formation et l’influence idéologique dans la recherche.

  • Une loi fixe un quota de 500 places annuelles pour les étudiants en psychothérapie, avec une préférence pour les détenteurs du baccalauréat autrichien.
  • Des tensions politiques persistent concernant l’accès à la formation, notamment l’inclusion de l’Université de Krems, qui propose des cours payants.
  • Des désaccords émergent sur la question de l’influence idéologique dans la recherche et l’enseignement, notamment en ce qui concerne le langage inclusif et le filtrage des contenus en ligne.

Le comité des sciences du parlement autrichien a approuvé, avec le soutien des partis de la coalition (FPÖ, ÖVP, SPÖ et NEOS), une proposition de loi visant à réglementer le nombre de places disponibles pour la formation en psychothérapie, qui sera accessible dès l’hiver 2026/27 dans dix universités autrichiennes. Cette décision fait suite à l’adoption de la loi sur la psychothérapie de 2024 (PTHG 2024) et vise à garantir un nombre suffisant de psychothérapeutes pour répondre aux besoins du système de santé autrichien.

Tous les partis représentés au comité ont reconnu l’importance de former davantage de psychothérapeutes. Cependant, des divergences sont apparues quant aux modalités de mise en œuvre de cette formation. Le FPÖ a approuvé la proposition de la coalition, mais a attribué la demande accrue de psychothérapeutes à l’échec de la politique gouvernementale en matière de gestion de la crise sanitaire. Les Verts, quant à eux, ont rejeté la loi, s’opposant notamment à l’inclusion de l’Université de Krems (UWK) dans le dispositif, cette dernière proposant des formations payantes.

Parallèlement à ces discussions sur la formation en psychothérapie, le FPÖ a exprimé son opposition à ce qu’il qualifie de « contrainte de genre » dans la rédaction des travaux scientifiques universitaires. Les députés du FPÖ critiquent également les propositions de l’Union européenne visant à lier le financement de la recherche à des objectifs spécifiques. Ils demandent au ministre des Sciences d’assurer la souveraineté nationale et l’indépendance de la science autrichienne.

Les Verts ont également soulevé des préoccupations concernant la désinformation sur les réseaux sociaux et la nécessité de renforcer la souveraineté numérique de l’administration autrichienne. Ils s’opposent également à une proposition de la Commission européenne visant à obliger les services de messagerie à filtrer le contenu des messages privés, craignant une surveillance de masse.

La nouvelle loi prévoit la création de 500 places d’étude par an pour les étudiants en psychothérapie. Afin de garantir l’accès à la formation, 75 % de ces places seront réservées aux détenteurs d’un diplôme de maturité autrichien ou d’une qualification équivalente. Cette mesure est conforme à la jurisprudence de la Cour de justice européenne (CJCE) et s’inscrit dans la lignée des réglementations existantes pour des professions telles que la médecine humaine. Le financement des places d’étude dans les universités publiques sera assuré par des ajustements aux accords de performance respectifs.

Lors des débats parlementaires, Heinrich Himmer (SPÖ) a qualifié l’amendement de « central pour la sécurité des soins dans le secteur de la santé ». Rudolf Taschner (ÖVP) a suggéré que des réglementations similaires pourraient être envisagées pour la dentisterie. Katayun Pracer-Hilander (FPÖ) a souligné le besoin urgent de psychothérapeutes, tout en critiquant la politique gouvernementale en matière de santé mentale. Petra Oberrauner (SPÖ) a regretté le manque de thérapies de groupe pendant la pandémie de Covid-19, tandis que Martina von Künsberg Sarre (NEOS) a insisté sur la nécessité de transposer correctement la législation européenne.

Sigrid Maurer (Les Verts) a reconnu le besoin important en psychothérapeutes, mais a critiqué l’inclusion de l’UWK dans le dispositif, dénonçant une tentative de « tactique salami » pour s’approprier une part du financement public de l’enseignement supérieur.

Dans une autre intervention, les députés du FPÖ, Martin Graf et Manuel Litzke, ont dénoncé une pression croissante pour l’utilisation d’un « langage de genre » dans les travaux scientifiques, qu’ils jugent non conforme aux règles d’orthographe et attentatoire à la liberté académique. Ils demandent au ministre des Sciences d’inciter les universités à respecter les recommandations du Conseil pour l’orthographe allemande en matière de formulation non sexiste. Détails de la proposition de loi (291 / A (E))

Manuel Litzke (FPÖ) a également critiqué les tentatives de l’Union européenne d’influencer la politique de recherche autrichienne en liant le financement à des objectifs idéologiques tels que le changement climatique, l’égalité des sexes ou la justice sociale. Il demande au ministre des Sciences de défendre la souveraineté nationale et l’indépendance de la science autrichienne. Détails de la proposition de loi (429 / A (E))

Enfin, Süleyman Zorba (Les Verts) a mis en garde contre le risque de surveillance de masse lié à une proposition de la Commission européenne visant à obliger les services de messagerie à filtrer le contenu des messages privés. Il appelle le gouvernement autrichien à s’opposer à cette réglementation et à investir davantage dans la lutte contre la maltraitance des enfants en ligne. Détails de la proposition de loi (212 / A (E)) Il a également plaidé pour une lutte plus efficace contre la désinformation sur les réseaux sociaux et pour le renforcement de la souveraineté numérique de l’administration autrichienne. Détails de la proposition de résolution (42 / A (E)) et Détails de la proposition de loi (148 / A (E))

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